Although he wasn't a part of the Beatles for long, Sheridan's involvement with the band was pivotal. He met the group -- which then included John Lennon, Paul McCartney and George Harrison on guitars, Stuart Sutcliffe on bass and Pete Best on drums -- when they arrived in Hamburg to work as a club band in 1960. Sheridan was already an accomplished singer, but took a liking to the Beatles. When Sutcliffe and Best left the band, McCartney took over on bass and Ringo Starr officially became the new drummer in 1962. (In recent years, Sheridan claims he helped arrange Starr's first few performances with the Beatles).
In the spring of 1961, German producer Bert Kaempfert offered recording contracts to both Sheridan and the Beatles, with the intention of the Beatles acting as Sheridan's backup band. Still, the option was open for the Beatles to record on their own.
During studio sessions in Hamburg in 1961 and 1962, Sheridan and the Beatles recorded nine songs together under the name Tony Sheridan and the Beat Brothers. Sheridan sang seven of them -- “My Bonnie,” “The Saints,” “Why (Can’t You Love Me Again),” “Nobody’s Child,” “Take Out Some Insurance On Me, Baby,” “Sweet Georgia Brown” and “Swanee River.” The other two tracks were Beatles performances -- “Cry for a Shadow,” an instrumental by Lennon and Harrison, and “Ain’t She Sweet,” sung by Lennon.
When the group's first single, "My Bonnie," was released in Germany on the Polydor label in Oct. 1961, Beatles’ fans in Liverpool took over local record shops, requesting the disc. One store manager, Brian Epstein, wanted to see what all the fuss was about and caught a performance by the group at the Cavern. He obviously liked it, as he persuaded the Beatles to hire him as their manager, and within a year, got them a recording contract of their own with EMI.
McCartney called larger-than-life Sheridan "The Teacher." His most recent recordings include “Vagabond” (2002) and a DVD, “Chantal Meets Tony Sheridan” (2005), which includes the only recording of “Tell Me If You Can,” a song Sheridan wrote with McCartney in 1962.
Sheridan is survived by his three sons, Tony Jr., Bennet and Felim, and daughters, Wendy Clare and Amber.
Un patch électronique, premier pas vers l'"homme augmenté"
Par Samuel Baudoui - publié le 17/02/2013 à 13:18
La chercheuse chinoise Nanshu Lu a reçu ce vendredi le Grand prix 2013 du forum NetExplo qui récompense ses travaux sur un tatouage électronique permettant, entre autres choses, le contrôle d'objets à distance. Les possibilités de cette invention en sont presque effrayantes.
Diagnostic médical à distance, contrôle d'objets grâce au son de sa voix, contraction des muscles, etc. Autant de possibilités font aussi redouter des dérives.
Un tatouage a fait sensation ce vendredi 15 février lors du forum NetExplo, où est présenté chaque année le meilleur de l'innovation numérique mondiale. Et ce tatouage, numérique lui aussi, a de quoi impressionner. Il a été baptisé "Electronic Tatoos" par sa conceptrice, la chercheuse chinoise Nanshu Lu, diplômée de Harvard et figurant parmi le classement des 35 personnalités de moins de 35 ans jugées comme les plus innovantes par le blogTechnology Review du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Ce patch digital, composé d'une simple membrane de silicone à l'intérieur de laquelle sont intégrés les différents composants, s'adapte avec succès aux déformations naturelles de la peau et est censé résister à l'eau pendant une semaine. Côté technique, ses composants sont capables de capter la plupart des signaux vitaux, pouls, température, vibrations des cordes vocales, suivant l'endroit du corps où il est placé. A terme, des émetteurs intégrés permettront une transmission sans fil des données récoltées.
Des capacités seulement limitées par l'imagination
Les possibilités que présentent ce tatouage sont impressionantes. Comme l'affirme sa créatrice, "les applications possibles ne sont limitées que par notre imagination". Grâce à lui, l'être humain serait capable de contrôler des objets à distance par le simple son de sa voix, sans aucun capteur de mouvements. Il pourrait également représenter la médecine du futur en permettant un suivi médical à distance des personnes malades, isolées ou fragiles, et même une réaction en temps réel en cas de problème tel qu'un léger choc électrique sur un coeur défaillant. De plus, ses incroyables capacités pourraient contracter automatiquement les muscles et aider ainsi à la mobilité.
Néanmoins, certains chercheurs s'inquiètent déjà des risques que représentent de telles possibilités et anticipent les dérives possibles. Tout matériel numérique étant en effet susceptible d'être piraté, le risque de cyberattaques telles qu'en connaissent déjà certaines entreprises ou gouvernements seraient ici applicable à l'homme. Et lorsque l'on connaît la valeur de certaines informations, en particulier médicales, on est capable d'imaginer l'intérêt pour les cybercriminels de s'en acaparer.
De plus, certains experts en marketing s'intéressent aussi au projet avec comme objectif de conprendre les comportements des consommateurs grâce aux neurosciences. Grâce à ce tatouage, chaque individu deviendrait un acheteur en puissance à la merci du neuromarketing.
De la à faire le parallèle avec l'oeuvre littéraire de Georges Orwell, 1984, et la figure de Big Brother, il n'y a qu'un pas.
Des chercheurs américains sont parvenus à mettre au point un implant cérébral qui donne la capacité de percevoir la lumière infrarouge que nos yeux ne peuvent normalement pas distinguer.
Vision, audition, goût, odorat, toucher, oui mais... Qui n'a au monde jamais rêvé d'avoir un 6e sens ? ou même de disposer de facultés supérieures à la normale, de tout voir, de tout entendre mieux que n'importe qui ? Cette possibilité vient aujourd'hui de franchir un nouveau pas dans la réalité avec la prouesse réalisée par des chercheurs de l'université Duke aux Etats-Unis. Ces derniers ont inventé un implant cérébral qui permettrait de percevoir de la lumière normalement invisible à notre oeil : les infrarouges.
Rapportés dans la revue Nature Communication, ces travaux, menés sur des rats, sont les premiers à aboutir sur un dispositif capable de donner un tout nouveau sens à un animal. L'implant en question est une neuroprothèse composé d'un détecteurinfrarouge reliée à des microélectrodes, elles-mêmes connectées à une région du cortex liée au toucher. C'est notamment cette dernière qui reçoit des informations provenant des vibrisses, les fameuses moustaches des rats. Pour tester leur dispositif, les chercheurs ont ainsi procédé en plusieurs étapes.
Une lumière ressentie et "touchée"
Dans un premier temps, ils ont entrainé des rats exposés à trois diodes à se diriger vers celle qui s'allumait afin de pousser un levier leur permettant d'obtenir quelques gouttes d'eau. Puis, ils ont équipé les rongeurs de la neuroprothèse et ont recommencé l'expérience cette fois-ci avec trois lumières infrarouges. Les premiers jours, les sujets ne se sont pas toujours dirigés vers la bonne direction, celle de la lumière allumée.
Toutefois, les chercheurs ont constaté qu'après avoir appuyé sur l'interrupteur, les rats se mettaient à se frotter les moustaches, suggérant ainsi qu'ils "sentaient" bien la lumière infrarouge, comme s'ils la touchaient. En poursuivant les expériences, il a alors fallu un mois pour confirmer complètement l'efficacité du dispositif : passé ce délai, les rats avaient pleinement associé la nouvelle sensation avec les sources de lumière et étaient capables de trouver dans 100% des cas, laquelle des lumières étaient allumées.
Les rats qui ne possédaient pas le dispositif eux, ne parvenaient pas la plupart du temps à trouver la bonne. "Ce que nous avons réalisé ici, c'est démontrer que nous pouvions créer un nouveau sens chez les rats en leur permettant de "toucher" la lumière infrarouge que les mammifères ne peuvent détecter", a expliqué le Dr Miguel Nicolelis qui a dirigé les travaux. Néanmoins, la démonstration ne s'arrête pas là puisqu'elle a également permis de faire une découverte d'importance.
Un pas en avant pour soigner des personnes aveugles ou sourdes ?
En effet, l'étude démontre qu'une région cérébrale et des neurones, impliqués dans un sens précis peuvent aussi interpréter d'autres types d'informations sensorielles. "Les nerfs ont répondu en même temps au toucher et à la lumière infrarouge. Ceci montre que le cerveau humain peut acquérir de nouvelles capacités qui n'ont jamais été expérimentées par l'animal avant cela", a ajouté le scientifique.
Cela indique également qu'en théorie, une personne aveugle pour cause de dommage au niveau du cortex visuel pourrait recouvrer la vue en utilisant un implant sur une autre partie de son cerveau. Tout comme pourrait le faire une personne devenue sourde en raison de dommages au niveau du cortex auditif. "Ceci suggère que, dans le futur, il serait possible d'utiliser des dispositifs de type prothèses pour restaurer des modalités sensorielles qui ont été perdues, telles que la vision, en utilisant une partie cérébrale différente", a confirmé le Dr Nicolelis cité par leTelegraph.
Et pour ceux qui veulent aller encore au-delà, en flirtant avec la science-fiction, cette recherche pourrait également ouvrir la voie à la possibilité d'améliorer ou d'exacerber les capacités dont disposent déjà les animaux y compris l'être humain. "Cela pourrait être de détecter des rayons X, des ondes radio, ou n’importe quoi d’autres", a précisé le scientifique.
CES GÉANTS DU E-COMMERCE FRANÇAIS QUI CHOISISSENT LE CLOUDLeGuide.com : 1 milliard d'images sur Azure fin 2013
Agrégeant des offres en provenance de 80 000 marchands dans 14 pays européens, LeGuide.com fait face à un double défi : d'une part proposer une information fraiche et de qualité, notamment sur le plan des visuels de produits. Et d'autre part, tenir un niveau de performance de chargement fluide. Face à ces enjeux, le comparateur a décidé de faire appel au cloud de Microsoft pour assurer la publication de ses images. Le projet a été déployé au 3e trimestre 2012. "Pour l'heure, 300 à 400 millions d'images sont gérées sur Azure. Nous pensons atteindre le milliard d'ici la fin de l'année", explique Mohammed Bellamine, directeur opérationnel de LeGuide.com.
Pour être publiées plus rapidement, toutes les images sont stockées sur Azure, et servies via une infrastructure JavaScript Node.js.
En amont, LeGuide.com a réalisé un comparatif technique d'Azure avec d'autres offres de cloud public. "La performance de chargement des données a fait la différence", note Mohammed Bellamine, saluant en passant la possibilité, via une telle solution, de "payer seulement ce qui est consommé". Une agilité qualifiée d'importante pour gérer efficacement les amplitudes de charge enregistrées par le comparateur, qui peuvent aller d'un facteur 1 à 10.
LeGuide.com étudie la possibilité de déployer Hadoop sur Azure
Quant à la prochaine étape, LeGuide.com envisage de porter sur Azure la base de données de son moteur de recherche. "Nous étudions pour l'occasion l'option d'utiliser l'infrastructure de données Hadoop ou Apache HBase", confie son directeur opérationnel. L'objectif étant, comme pour les images, de se doter d'une infrastructure plus agile face aux pics de charge. LeGuide.com étudie également cette possibilité de déployer Hadoop sur Azure pour répondre à ses besoins en Analytics. A la fois en matière d'indicateurs techniques mais aussi métier, notamment pour suivre ses résultats au regard du prévisionnel.
CES GÉANTS DU E-COMMERCE FRANÇAIS QUI CHOISISSENT LE CLOUDVoyages-sncf.com accélère ses déploiements grâce à Amazon
C'est en 2010 que Voyages-sncf.com choisit de déployer un premier projet de cloud dans l'optique de tester ses développements. Le site de voyages de la SNCF s'oriente alors vers Amazon Web Services (AWS). Pour commencer, la société décide d'éprouver une nouvelle plate-forme conçue pour modéliser les transactions de son site. Un système complexe qui se compose, en amont, d'un entrepôt de données (Oracle 11g) intégrant des flux hétérogènes (fichiers plats, Web Services, mainframe...). Cette brique servant un front office composé d'une base MySQL (avec MemCached) et d'un serveur Tomcat. En aval, les données en découlant sont transmises au site Voyages-sncf.com.
Accompagnée par Ysance, la filiale de la SNCF a donc retenue le cloud d'Amazon. Une plate-forme de test est mise en place en s'appuyant sur des instances Amazon EC2, et le service de stockage Amazon S3. L'environnement de production cible est ainsi entièrement recréé dans le cloud. L'infrastructure de test unitaire Apache Cactus est retenue, ainsi qu'Apache JMeter - qui permet de réaliser des tests de performance selon divers scénarios.
La migration du site vers le cloud n'est pas d'actualité
Et le bilan se révèle concluant. Comparé à la solution de test logiciel utilisée jusqu'alors au sein d'un datacenter traditionnel, le cloud permet à Voyages-sncf.com d'accélérer le déploiement d'un framework de test. De là, son équipe technique bénéficie mécaniquement de plus de temps pour effectuer les tests en tant que tels, et donc améliorer la qualité des livrables et réduire les risques de pannes en production.
Depuis, Voyages-sncf.com a eu recours aux infrastructures d'Amazon pour d'autres chantiers applicatifs. Parmi eux : un module de publication de tarifs sous forme de calendrier - consistant à stocker en cache une partie de la base de données pour plus de performance. Ce chantier aura nécessité six mois, dont un mois gagné grâce au cloud. Mais, Voyages-sncf.com n'ira pas plus loin, et n'envisage pas d'externaliser son site web chez un opérateur de cloud, du moins pour l'heure. Et ce pour des raisons portant sur la sécurité des données client qu'il contient, mais aussi du fait d'engagements de niveau de service jugés trop faibles.
CES GÉANTS DU E-COMMERCE FRANÇAIS QUI CHOISISSENT LE CLOUDConcoursMania et Jeux.com en route pour le cloud
Fondé dès 1995, ConcoursMania édite le célèbre site jeux.com qui propose une offre de 5 000 jeux en ligne. Plus récemment, la société complète cette offre BtoC en lançant des prestations BtoB de casual gaming. Et c'est pour cette seconde offre que ConcoursMania a commencé à faire appel à un cloud public. Tout comme LeGuide.com, l'objectif pour cette société française est de s'adosser à un service de location d'infrastructure IT en ligne, et ainsi d'optimiser ses coûts, et donc ses tarifs, en ne payant que pour la ressource machine consommée.
D'autant que sur le front du casual gaming, les amplitudes de trafic peuvent être particulièrement soudaines et fortes. Et parfois difficilement prévisibles.
"La présentatrice de la météo de TF1 Evelyne Dhéliat nous a averti qu'elle allait parler d'un de nos jeux sur la météo. Et heureusement ! Nous avons pu anticiper la montée en charge qui a suivi", raconte Nicolas Babin, directeur général de ConcoursMania. "La solution du cloud nous a apporté l'agilité nécessaire."
Autre avantage du cloud constaté par ConcoursMania : "la réactivité que permet cette solution" lors des nouveaux déploiements. Le cloud contribue à accélérer la mise en œuvre de ses zones de jeu, et de leur stack (VM, VLAN...). Grâce aux services Microsoft Azure retenus par ConcoursMania, sa direction technique ne met plus que quelques heures à les déployer. Contre au moins cinq jours en passant par son infrastructure historique qui repose sur un hébergement traditionnel. Dès lors, la société envisage de faire prendre le même chemin à son "vaisseau amiral" Jeux.com. "C'est la prochaine étape. Elle doit être bien préparée", indique Nicolas Babin.
"Azure est vraiment ouvert sur l'Open Source", ConcoursMania
Mais pourquoi avoir retenu Azure ? Le directeur général de ConcoursMania l'explique notamment par une problématique de déploiement international. "Ce qui a été le cas avec un jeu de flipper 3D diffusé pour Sephora dans 6 pays", poursuit-il. D'où le choix d'un cloud présent sur les grandes plaques géographiques.
Du côté technique, ConcoursMania a également été séduite. "Azure est une plate-forme vraiment ouverte sur l'Open Source", martèle Hugues Le Bars, son directeur technique. Et pour preuve, l'environnement serveur de l'offre de casual gaming est basé sur l'infrastructure Ruby on Rails, Node.js (pour l'exécution du contenu 3D) et, enfin, la base MongoDB. Trois briques Open Source que ConcoursMania n'a eu aucun mal à mettre en œuvre sur le cloud de Microsoft. "Nous nous appuyons sur MongoDB pour analyser le comportement des joueurs, le temps passé sur les jeux, le nombre de parties réalisées... Ce qui nous permet d'affiner la qualité de nos jeux, mais aussi apporter à nos clients des rapports de qualité sur leurs opérations", complète Nicolas Babin.
Ces géants du e-commerce français qui choisissent le cloud
Selon le cabinet KPMG, parmi les premiers objectifs visés lors de la mise en place du cloud, arrive en tête la réduction des coûts (48%), suivi par l'opportunité de s'appuyer sur le cloud pour pénétrer un nouveau marché (27%), la possibilité de transformer une activité (22%) ou encore l'amélioration de l'interaction client (20%). La réduction des coûts constitue un objectif pour plus de la moitié des répondants occupant une fonction de responsable informatique (52%). Soit une proportion plus élevée que du côté des responsables métiers (41%).
Le futur technologique est à portée de main avec les projets supposés d’Apple. Selon les sources des deux journaux américains internes à la société de Cupertino, Apple serait en train de développer une montre-bracelet intelligente dotée du système IOS et d’un cadran en verre recourbé nouvelle génération pour accompagner les mouvements du poignet de l’utilisateur. La montre, que certains appellent déjà iWatch, pourrait aussi être utilisée pour effectuer des paiements et pourrait interagir via une liaison sans fil Bluetooth avec un iPhone, dont il serait un périphérique intelligent.
Et le New York Times d’émettre de nombreuses questions concernant ce projet technologique : à quoi ressemblera cette montre ? Va-t-elle inclure Siri, l’assistant vocal déjà présent dans l’iPhone ? Sera-t-elle dotée du logiciel de carte Apple afin de servir aussi de GPS ? Pourra-t-on envoyer des messages, ou encore enregistrer ses activités quotidiennes ?
Apple a refusé de répondre à ces interrogations. De nombreux experts avancent que le futur de l’entreprise réside dans l’élaboration de ce genre de produits innovants qui accompagnent l’utilisateur, un projet similaire à celui développé par Google avec ses Google Glass. Selon le WSJ, Apple aurait même élaboré des projets de fabrication avec Foxconn, son sous-traitant chinois habituel qui fabrique déjà l'iPhone et l'iPad. Apple n'est pas le seul à plancher sur un tel projet, des sociétés comme Pebble ou Jawbone ont déjà mis leurs montres connectées sur le marché commente le Journal du Net.
Avec Internet et les écrans, mon cerveau a-t-il muté ?
Débat | Lecture
en diagonale, perte de concentration... le Net et les technologies
numériques bousculent nos façons de penser. Faut-il s'en inquiéter ? Pas
forcément. On vous explique pourquoi.
Le 09/02/2013 à 00h00
Marc Belpois
-
Télérama n° 3291
illustration de Douglas Coupland
Sur le mur d'une galerie d'art de
Toronto, ce slogan : « Mon cerveau d'avant Internet me manque » (1).
C'est drôle. Vaguement perturbant, aussi. L'œuvre, une impression de
lettres capitales noires sur fond mauve signée Douglas Coupland (le
romancier canadien, auteur de Génération X, est également artiste
visuel), connaît un succès certain sur le Net, où on l'affiche comme un
trait d'esprit doublé d'un trait de génie, une illumination.
« Mon cerveau d'avant Internet me manque » ? La formule exprime
quelque chose que nous sommes nombreux à ressentir confusément. Et si
les technologies numériques nous transformaient en profondeur, jusqu'à
modeler notre fonctionnement cognitif ? La question est d'autant plus
d'actualité qu'elle hante un épais rapport, L'Enfant et les écrans(2),
de l'Académie des sciences, rendu public le 22 janvier dernier,
consacré à l'impact des écrans sur les enfants. Alors, sommes-nous –
comme aurait pu dire Richard Virenque – des mutants « à l'insu de notre
plein gré » ?
Les pupilles baladeuses
Au Lutin (Laboratoire des usages en technologies de l'information
numérique), à Paris, des chercheurs observent au plus près le lecteur du
XXIe siècle en activité. Un appareil enregistre le mouvement de ses
yeux lorsqu'il lit un texte sur l'écran d'un ordinateur, la succession
des fixations, quand l'œil capte une information, et des saccades, quand
l'œil se déplace. « Lorsque nous lisons un texte imprimé, explique Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive et maître des lieux, le
mouvement oculaire est caractérisé par des fixations plus ou moins
longues et de nombreux retours en arrière : on parle d'une lecture
profonde et attentive. La lecture du Web, elle, n'est pas linéaire.
C'est une lecture sélective de recherche d'information qui doit être
rapide et efficace. »
Ainsi, sur écran, nous avons les pupilles baladeuses. Elles courent
d'un paragraphe à l'autre, s'avisent furtivement de la nature de la
bannière de pub qui clignote en haut et de l'hyperlien en bas à droite
(intitulé « Valérie Trierweiler, encore une gaffe ! », c'est
tentant...). Elles reviennent au document initial et plongent dans un
hypertexte, soit une autre page Web qui enrichit notre compréhension. Ou
l'affaiblit...L'hypertexte est assurément une invention formidable, ce
peut être aussi une chausse-trape ouvrant sur d'autres pages tapissées
de liens qui, de fil en aiguille, nous font perdre de vue l'objet
originel de notre lecture. C'est ce que les scientifiques appellent la «
désorientation cognitive ».
Sur la Toile, le cheminement de la pensée n'est pas contrôlé par l'auteur, mais par le lecteur. Or « il est paradoxalement beaucoup plus difficile de lire en ayant le choix du contenu », assure Thierry Baccino, pour qui la lecture hypertextuelle génère « une anxiété qui fait perdre jusqu'à 30 % de la force de travail ».
Comme le résume l'essayiste américain Nicholas Carr dans un livre remarquable (meilleur que son titre :Internet rend-il bête ?éd. Robert Laffont, 2011), «
quand nous nous connectons en ligne, nous entrons dans un environnement
qui favorise la lecture en diagonale, la pensée hâtive et distraite, et
l'apprentissage superficiel. On peut très bien réfléchir en profondeur
en surfant sur le Net, de même qu'on peut très bien réfléchir de façon
superficielle en lisant un livre, mais ce n'est pas le type de
réflexion que cette technologie favorise et récompense. »
Mon cerveau fait du jet-ski
De là à conclure que la culture numérique, propice au zapping, nous
rend nous-mêmes superficiels, il y a un pas que Carr, vrai technophile
au demeurant, franchit allégrement. « J'ai l'impression que le Net endommage ma capacité de concentration et de contemplation, écrit-il. Que
je sois en ligne ou non, mon esprit compte maintenant avaler
l'information telle que le Net la livre : dans un flot rapide de
particules. Le plongeur qui, naguère, explorait l'océan des mots, en
rase désormais la surface à la vitesse de l'éclair comme un adepte du
jet-ski. »
« En échange des richesses du Net,
nous renonçons à notre bon vieux
processus de pensée linéaire. » Nicholas Carr, essayiste
Un sentiment personnel qu'au fil d'un ouvrage nourri d'études
scientifiques il étend à l'humanité entière – du moins celle imbibée de
technologie numérique. « Il semble que [...] nous soyons
arrivés à un tournant majeur de notre histoire intellectuelle et
culturelle, à une transition entre deux modes de pensée très différents.
Ce à quoi nous renonçons en échange des richesses du Net [...], c'est
à notre bon vieux processus de pensée linéaire. Calme, concentré et
fermé aux distractions, l'esprit linéaire est marginalisé par un esprit
d'un nouveau type qui aspire à recevoir et à diffuser par brefs à-coups
une information décousue et souvent redondante — plus c'est rapide,
mieux c'est. » Nous basculerions irrémédiablement dans autre chose,
en somme. Un bond évolutif non pas droit devant, mais de côté. En plein
dans une flaque boueuse.
J'apprends, donc je me reconfigure
Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'une nouvelle
technologie nous transforme en profondeur. Prenez l'invention de
l'écriture, cet incroyable « booster » culturel qui a propulsé les
hommes dans une autre dimension. A l'époque, il y a cinq mille ans, la
reconnaissance des mots ne nous était pas naturelle. Elle ne l'est
toujours pas, remarquez – à la différence du langage parlé, désormais
inscrit dans nos gènes. Nous naissons avec le même cerveau que le
chasseur-cueilleur d'il y a quelques dizaines de milliers d'années. Mais
par la grâce de ce que les scientifiques nomment la « plasticité
neuronale », notre joli petit bloc de matière grise est capable de
s'adapter à des contextes nouveaux.
Nos connexions neuronales
se font et se défont
tout au long de notre existence.
A NeuroSpin, un centre d'imagerie cérébrale de l'Essonne, des
chercheurs étudient l'acquisition de la lecture, à leur façon
déconcertante : ils enfournent tour à tour dix enfants de 6 ans dans une
IRM (« pas de panique, c'est sans danger ! »). Dix élèves de CP
qui, en classe, découvrent la joie indicible de déchiffrer des lettres,
des phrases, des contes. Tous les deux mois, des vues de leur cerveau
immortalisent l'évolution de l'apprentissage – une zone fonce peu à peu
dans la région occipito-temporale. Il s'agit de tenter de valider
l'hypothèse du « recyclage neuronal » chère au neuroscientifique
Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et directeur du
laboratoire : notre système cognitif détourne des fonctions dévolues à
la reconnaissance des objets et des visages pour les ouvrir à la
reconnaissance des symboles écrits. Bref, il fait du neuf avec du vieux. Au-delà des mécanismes subtils qui s'opèrent lors de l'apprentissage
de la lecture, une chose est sûre, notre cerveau se reconfigure en
apprenant. C'est l'une des découvertes majeures de ces dernières
décennies : nos connexions neuronales se font et se défont tout au long
de notre existence au gré de certaines expériences.
Illustration : Beb-Deum pour Télérama
Une meilleure attention visuelle ?
Et nos smartphones, tablettes, consoles de jeux, dont nous faisons un
usage toujours plus intensif : modèlent-ils un peu, beaucoup, pas du
tout, les cent milliards de neurones qui bouillonnent dans chacune de
nos boîtes crâniennes ? Tout dépend de ce qu'on y fait. Dévorer Michel
Houellebecq sur une liseuse réjouit nos synapses de la même manière que
dans sa version imprimée.
« Lire sur un ordinateur ou sur papier active les mêmes zones cérébrales, explique le professeur Thierry Baccino. Sauf
que lorsque nous lisons sur écran, c'est essentiellement pour
rechercher des informations. Or cette activité, souvent liée à la prise
de décision, mobilise quant à elle les aires frontales du cerveau. »
Et cela a aussi ses avantages. De nombreux scientifiques louent
certains apports cognitifs de nos écrans : l'amélioration des capacités
d'attention visuelle, tout comme le développement de la pensée en
réseau, circulaire et fonctionnant par analogies. Pour Olivier Houdé,
professeur de psychologie cognitive et coauteur du rapport de l'Académie
des sciences (2) , la pratique de certains jeux vidéo, quand elle est
régulée, « apprend à rompre les habitudes mentales. Par exemple
lorsque le joueur, pour réussir un nouveau niveau, doit oublier la
stratégie gagnante qu'il a utilisée au niveau précédent ». Et d'ailleurs, selon lui, «
tout porte à croire que, par ses capacités d'adaptation, le cerveau
intégrera les outils numériques récents dans ses circuits
neuroculturels, comme par le passé il a intégré lecture et écriture ».
Socrate contre Google
Mais à quel prix ? Au cœur de l'angoisse suscitée par la révolution
numérique, il y a cette idée, vertigineuse : nous façonnons des outils,
et ensuite ce sont eux qui nous façonnent. Ainsi, l'invention de la
carte a jadis bouleversé notre perception de l'espace, qui s'étend
désormais bien au-delà de ce que nous voyons. La création de l'horloge a
chamboulé notre conception du temps, débité en tranches égales qui
rythment nos journées. Et Internet ? Google cristallise à lui seul la
menace d'un bouleversement profond de notre mémoire.
Publiée en juillet 2011 dans la revue Science,une étude américaine
sur les moteurs de recherche démontre que l'on se souvient moins bien
des informations que l'on sait pouvoir retrouver sur notre ordinateur
que de l'endroit où elles sont stockées. Faut-il en conclure que, peu à
peu, sans même en avoir conscience, nous déléguons notre savoir à des
mémoires externes ? Transformons-nous notre propre mémoire, terreau de
la maturation de la pensée, en simple index de nos connaissances ? Dans
ce cas, il y a péril en la demeure !
Si Socrate était parmi nous, il prendrait l'affaire très au sérieux.
Déjà, à son époque antique, le maître de la rhétorique s'inquiétait de
la propagation de l'écriture, qui selon lui exposait les hommes au
risque de s'assécher, de se « vider » de la culture. Il y a cinq cents
ans, l'imprimerie de Gutenberg engendra des craintes semblables :
ferons-nous encore l'effort de mémoriser le savoir dès lors qu'il se
trouve dans les livres ? Avec le recul, évidemment, il est clair que
l'écriture et la reproduction massive des ouvrages n'ont pas appauvri la
pensée, bien au contraire.
« Dans notre univers hyperconnecté,
l'érudit a aujourd'hui nettement moins
d'utilité que le créatif » Etienne Koechlin, neurobiologiste
N'empêche. La facilité avec laquelle, d'un coup de smartphone, nous
accédons à Wikipédia et à moult informations personnelles (dates de
naissance des proches, numéros de téléphone...) repose de façon aiguë
cette problématique de l'externalisation de la mémoire. Pour l'heure,
nul ne peut présager de son impact réel sur le cerveau. Au moins peut-on
déjà constater certains de ses effets sur notre société, telle la
dévalorisation de la figure du savant au profit du chercheur. « Dans notre univers hyperconnecté, note le neurobiologiste Etienne Koechlin,
l'érudit, riche de connaissances, a aujourd'hui nettement moins
d'utilité que le créatif. C'est ainsi, chaque technologie favorise un
type d'individu plutôt qu'un autre. »
La culture par les écrans ?
C'est indiscutable, la révolution numérique reconfigure notre rapport
au monde et aux autres, comme elle nous affecte au plus profond de
nous-mêmes. « Les bienfaits d'Internet sont considérables », dit
en souriant le neuropsychologue Francis Eustache, émerveillé par les
formidables avancées scientifiques que favorisent l'accès aux
publications et la communication entre les chercheurs d'un bout à
l'autre de la planète. « Il ne faut pas avoir peur du progrès, mais il faut l'interroger. »
« Quand une technologie nouvelle
se met en place, elle est
toujours inhumaine. » Serge Tisseron, psychiatre
Que serons-nous demain ? Dans les plateaux de la balance, des apports
et des pertes, une pile de questions et peu de réponses. Notre « bon
vieux processus de pensée linéaire » est-il en passe de nous fausser
compagnie, marquant là un tournant dramatique pour notre espèce ? Le
psychiatre Serge Tisseron, coauteur du rapport de l'Académie des
sciences, n'y croit guère. « La culture du livre ne disparaîtra pas,
tout simplement parce qu'en inventant le livre l'être humain a créé
quelque chose qui lui est fondamental : la pensée narrative, la mémoire
événementielle, l'attention profonde... Quand une technologie nouvelle
se met en place, elle est toujours inhumaine. Et puis elle s'adapte peu à
peu à notre esprit, en même temps que l'esprit s'adapte à elle.
L'opposition entre la culture du livre et la culture des écrans est
probablement destinée à s'effacer derrière une culture "par les écrans",
qui intégrera le meilleur de l'une et de l'autre. » Probablement. Croisons tout de même très fort les doigts, à nous en faire fumer les synapses.