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mercredi 11 juillet 2012

La génération Y friande de technologies, mais à des fins personnelles

La génération Y friande de technologies, mais à des fins personnelles

Par Damien Bréteau 10 juillet 2012 Laisser un commentaire
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Dans le monde de la recherche, les doctorants ont tendance à très peu utiliser pour leur travail les outils qu'ils maîtrisent pourtant bien au quotidien. Une situation en partie similaire dans les entreprises

Les jeunes générations, si elles sont friandes dans leur quotidien de réseaux sociaux et d'outils technologiques, ne cherchent pas encore forcément à les intégrer dans leur quotidien professionnel. Tout du moins dans le secteur de la recherche. La British Library et le Uk’s technology consortium JISC ont en effet mené une étude auprès de leurs doctorants pour comprendre leur usage des technologies dans leurs recherches. Résultat : si la majorité se dit intéressée par les sites comme les forums, moins d'un quart seulement en consulterait pour chercher des informations, et seulement 13% auraient pris part active à une discussion. Idem pour les blogs : 23% en suivent, et 9% en tiennent un. Enfin, si la quasi totalité a une page Facebook, très peu s'en servent pour entrer en contact au niveau professionnel, ou vont sur des réseaux sociaux professionnels. Reste à savoir si ce constat se retrouve hors du milieu de la recherche, dans l'entreprise. Apparemment oui, selon Cédric Deniaud, co-fondateur de The Persuaders.

L'application des outils de veille informationnelle privilégiée

"Les jeunes salariés connaissent les médias sociaux car ils les utilisent dans leur vie de tous les jours, mais de façon limitée au bureau", explique t-il à L'Atelier. Plusieurs outils semblent néanmoins bien adoptés. Du côté des doctorants, de nombreux jeunes privilégient l'utilisation des outils de veille informationnelle qui sont faciles à absorber dans les pratiques de travail. Ainsi les flux RSS et la gestion de référencement sont utilisés respectivement par 60% et 75% des doctorants chercheurs. On peut constater une application similaire de ces outils du côté des entreprises où, selon Cédric Deniaud, la fonction de "veille informationnelle et économique se développe grâce à Twitter, aux forums et aux blogs".

Vers une intégration plus réussie dans le futur?

Cependant, ces outils viennent en support des moyens traditionnels de prospection de l’information (e-mailing, face à face) ajoute Guillaume Lerouge, responsable clientèle et projet client chez Xwiki, et représentant de cette génération Y en entreprise : "Nous nous en servons pour publier une offre d'emploi, suivre les entreprises concurrentes et clientes, et s'informer sur elles". Selon Cedric Deniaud, l'une des explications à la faible adoption des outils sociaux pour travailler tient en partie au fait que beaucoup d'entreprises n'intègrent pas ces outils ou en empêchent l'accès. Toutefois, "l'idée commence à faire son chemin dans les entreprises et certaines comme la Poste commencent à mettre en place une charte "réseau social'" conclut Cédric Deniaud.

mardi 26 juin 2012

"C'est l'ouverture qui permet à l'entreprise de s'inspirer et d'innover"

"C'est l'ouverture qui permet à l'entreprise de s'inspirer et d'innover"

Par L'Atelier - Paris 26 juin 2012 Laisser un commentaire
Collaboration

Une entreprise a tout intérêt à ne pas rester secrète, mais à soumettre ses idées ou ses problèmes. Pourquoi ? Pour trouver une solution, gagner en efficacité, et fidéliser ses clients.

Entretien avec Bertrand Dussauge, fondateur de KDB Partners, à l'occasion de l'Université du SI (USI) qui s'est déroulée du 25 au 26 juin 2012 à Paris.

L'Atelier : Pour quelles raisons une entreprise doit-elle collaborer de manière ouverte ?

Bertrand Dussauge : D'abord, une meilleure capacité à solutionner un problème du fait du nombre de personnes qui y réfléchissent, des idées qui en ressortent. Les grosses entreprises deviennent des paquebots dans lesquels personne ne se parle. C'est ce que j'ai montré en concluant qu'il fallait épaissir la ligne de Mondrian pour avoir une idée car c'est l'ouverture qui permet à l'entreprise d'innover, de s'inspirer. Il n'y a qu'à voir le succès de SAP qui a créé un réseau centré sur des milliers de personnes. Ils ont ensuite publié une étude montrant que lorsqu'ils soumettaient un problème sur ce réseau, il était réglé en vingt minutes, contre deux jours s'il n'était posé qu'en interne. Cela permet donc de gagner en efficacité. Si nous sommes 20 personnes aux intérêts identiques à lire 20 articles et à n'en choisir qu'un, une personne en lit finalement 40 au lieu de 400. Ce qui permet de faire une veille plus intelligente, mieux filtrée. Et puis, les entreprises qui ne se ferment pas gagnent en authenticité.

Donc cela leur permet d'améliorer leur image...

Oui, mais pas seulement. Quand une banque comme BNP Paribas ouvre un blog ou un SAV Tweets ou que la SNCF ouvre la discussion avec les usagers en sachant que l'on parlera du retard des trains, qu'ils affichent publiquement les problèmes, ils s'engagent à les résoudre. De ce fait, ces entreprises augmentent leur capital sympathie et gagnent en authenticité. Ce qui permet au client de voir qu'elles font des efforts, et de pardonner plus facilement ces problèmes. Ce qui augmente l'engagement et la fidélité des clients. Qui plus est, discuter avec ses clients actuels ou potentiels, c'est bénéficier d'une étude de marché en temps réel. Car si une entreprise parvient à fidéliser une audience captive qui s'intéresse à leurs produits, ils obtiennent un thermomètre de la qualité de leurs opérations, ce qui favorise également la R&D, l'innovation et l'adaptation au client.

Cela est-il compatible avec la culture française, plutôt fermée ?

Les Français ne sont pas des early adopters, la tradition est le secret. Et certains secteurs, comme la finance, n'ont pas encore d'exemple et craignent d'être confrontés à des résultats plus négatifs que positifs. Deux choses font bouger les entreprises : la loi et la concurrence. Il y a déjà des entreprises qui commencent à s'ouvrir, mais je pense que dans les années à venir, à peine 10% des patrons quadragénaires et plus y viendront, en rebondissant sur des exemples, guère plus. L'ouverture viendra plutôt de la jeune génération, qui a une autre mentalité, et qui fera des entreprises plus transparentes. C'est le cas de l'entreprise Archiduchesse qui, sur son blog, n'hésite pas à parler de ses problèmes de livraisons ou à soumettre d'abord les modèles de chaussettes qu'elle envisage de commercialiser.