mardi 18 octobre 2011

Cornelius Castoriadis et la création politique (1)

Cornelius Castoriadis et la création politique (1)

Cornelius Castoriadis et la création politique comme invention de nouvelles façons de vivre

Aux amis des séminaires de Castoriadis, 1986-1995

Approche de l’œuvre de Castoriadis

Je résumerai en quatre points les caractéristiques de l’approche de l’œuvre de Castoriadis dans cet exposé. Je présenterai les idées de Castoriadis en prenant en considération la globalité de son œuvre. Je considère Castoriadis comme unpenseur politique très original. Je pense que son œuvre constitue un tremplin, pour aller plus loin. Enfin, je propose un regard critique sur certaines de ses positions. Une telle approche nous permettra de nous interroger, de manière fructueuse, je l’espère, sur ce que pourrait être la création politique aujourd’hui.

Nous abordons la pensée d’un auteur qui a toujours soutenu que, même quand nous jugeons la société présente, nous sommes dans celle-ci, et qui reconnaît explicitement que, dans une société en « crise », « notre pensée ne peut être elle-même qu’en crise ». « C’est à nous d’en faire quelque chose », ajoute-t-il.[1] Ce « nous » nous inclut nous-mêmes, nous tous, aujourd’hui. Toutefois – et c’est là ma première touche critique – nous devons désormais abandonner la notion de crise aussi bien pour une société en auto-altération continue, dont la « crise » dure trop longtemps pour être telle, que pour notre pensée qui doit, en raison de cela, être radicalement renouvelée. S’il fallait appliquer un mot à la situation sociale actuelle, ce serait le mot terrible, dans le double sens du terme. J’y reviendrai à la fin de mon intervention.

La globalité de l’œuvre

En préparant cette intervention, j’ai à nouveau survolé l’intégralité des écrits de Castoriadis ainsi que ce qui a été écrit sur lui. Et j’ai une fois de plus constaté, avec colère, que les lectures, les interprétations et les critiques de son œuvre sont dans la plupart des cas fragmentaires et oublieuses, et donc insuffisantes, appauvrissantes par rapport à sa contribution, et surtout qu’elles occultent l’essentiel, à savoir son originalité, j’oserais dire absolue. Je prendrai donc en considération la totalité de l’œuvre de Castoriadis, éditée et inédite. De plus, je présenterai ses meilleurs écrits, dont j’ai élaboré moi-même un catalogue précis. Je signale par ailleurs que notre auteur écrivait des articles, et non des livres. La question se pose alors : cela constitue-t-il une nouvelle forme – une création – de présentation par écrit d’une pensée ?

Un penseur politique original

Avant de répondre à cette question, signalons que le travail même de Castoriadis constitue une nouvelle forme intellectuelle. C’est la raison pour laquelle je me refuse personnellement à donner un titre conventionnel à ce penseur, tel que philosophe, économiste ou psychanalyste. Il a été unpenseur global, qui a créé la forme d’une pensée globale. Un penseur qui définit la philosophie comme « la prise en charge de la totalité du pensable puisqu’elle est requise de réfléchir toutes nos activités ».[2] Et si ma préférence va à la définition de Castoriadis comme penseur politique, c’est parce qu’il a créé la pensée politique, et la politique, comme la forme la plus architectonique. Autrement dit, la plus globale et la plus synthétique, pour penser la société et pour agir dans la société. Sans néanmoins prétendre que l’on puisse tirer de sa « philosophie » une politique ou que l’on puisse les dissocier absolument.[3] On sait bien que le commencement de la philosophie est l’étonnement (thaumazein) et que son objectif est la quête interminable de la vérité. Mais sans la passion pour les affaires communes et le bien commun, sans la colère – passion elle aussi – contre ce qui est, et sans la lutte pour ce qui pourrait et devrait être, l’œuvre de Castoriadis, sa propre création, est inconcevable.

C’est une erreur de rechercher les filiations intellectuelles de Castoriadis, parce qu’il a créé, tout d’abord, et surtout parce qu’il a créé à partir de la réalité, de l’observation et de l’élucidation, sa propre élucidation, de la lecture comme il le disait parfois, de cette réalité. Il a souligné à maintes reprises cet aspect de son œuvre. En effet, les passages dans lesquels il affirme cette idée sont fort nombreux et parmi les plus parlants[4], ce qui me met en colère devant les contresens que l’on rencontre sans cesse dans les textes de ses exégètes. Probablement, cela irritait, jusqu’à l’humiliation totale Castoriadis lui-même, qui déclare dans un discours oral : « sans doute, je suis très mauvais dans l’explication de mes positions ». Dans le même discours, il se dit « vexé », parce que, pour la énième fois, on lui reprochait son « hellénocentrisme ».[5]

Castoriadis a incontestablement été un grand philosophe, un grand psychanalyste (à la fois théoricien de la psyché humaine et praticien du divan), un grand économiste, un grand helléniste, un créateur d’anthropologie politique, un fin connaisseur de la science moderne. Il a été militant, au sens plein et même… « clandestin » du terme – ce qui lui a valu 23 ans d’anonymat. Il est resté un citoyen critique démocratique. Ce qui explique pourquoi il a presque toujours préféré écrire des articles plutôt que des livres – les premiers étant plus adaptés aux besoins d’une intervention pointue et ponctuelle – et ce qui rend secondaire la question de savoir si l’article constitue une nouvelle forme de présentation par écrit d’une pensée, car c’est la pensée elle-même qui a créé la nouveauté en cherchant à être globale.

L’œuvre comme point de départ plutôt que point d’arrivée

Toute tentative d’extraire de l’œuvre d’un grand penseur les conclusions pour ce que l’on a à faire ici et maintenant est à rejeter catégoriquement. La société nous invite toujours à l’analyser avec nos propres moyens. En revanche, il y a dans la création de la pensée castoriadienne des points extrêmement importants que nous devons prendre en considération pour nous orienter politiquement. Cette création se résume en une phrase aussi simple que banale, que d’autres auteurs pourraient d’ailleurs avoir écrite et ont parfois écrite : « Il faut apprendre à penser autrement »[6]. Ce n’est cependant pas là une simple façon de parler : cette formulation se concrétise dans et par l’ensemble de son œuvre, comme nous tenterons de le démontrer brièvement. Cette création pose ses propres limites dans et par une autre phrase, l’une de plus belles phrases de l’un de ses textes les plus inspirés : « Tout peut être récupéré sauf une chose : notre propre activité réfléchie, critique, autonome. »[7]

L’examen critique de ses positions

J’ai considéré jusqu’à maintenant que la position que nous devons adopter devant son œuvre est indiquée par lui-même dans le passage suivant, le plus important à ce propos, dont j’avais fait ma bannière : « On n’honore pas un penseur en louant ou même en interprétant son travail, mais en le discutant, le maintenant par là en vie et démontrant dans les actes qu’il défie le temps et garde sa pertinence. »[8]

J’ai toutefois repéré un passage de Castoriadis, plus récent, beaucoup plus sévère « en sa défaveur » : « Il y a une chose qui depuis longtemps me frappe et même me choque. Il y a un paradoxe tragi-comique dans le spectacle de gens qui se prétendent révolutionnaires, qui veulent bouleverser le monde et qui en même temps cherchent à s’accrocher à tout prix à un système de référence, qui se sentiraient perdus si on leur enlevait ce système ou l’auteur qui leur garantit la vérité de ce qu’ils pensent. Comment ne pas voir que ces gens se placent eux-mêmes dans une position d’asservissement mental par rapport à une œuvre qui est déjà là, maîtresse de la vérité, et qu’on n’aurait plus qu’à interpréter, raffiner, etc. (en fait : rafistoler…).

» Nous avons à créer notre propre pensée au fur et à mesure que nous avançons – et certes, cela se fait toujours en liaison avec un certain passé, une certaine tradition – et cesser de croire que la vérité a été révélée une fois pour toutes dans une œuvre écrite il y a cent vingt ans. Il est capital de faire pénétrer cette conviction chez les gens, et en particulier chez les jeunes. »[9]

Considérations générales

Comme la plupart des grands penseurs, tout au moins à partir d’Aristote, Castoriadis définit très précisément ses propres concepts. Et, ne pouvant bien évidemment changer le langage, il donne un autre sens à ces concepts. Cet autre sens est une nouvelle forme (de la pensée), et donc une création effectuée par l’auteur.

Appartient à la création de Castoriadis ce qu’il a appelé élucidation, à savoir une nouvelle forme de lecture de la société humaine, en tant que résultat de l’imagination du collectif anonyme qui crée les significations imaginaires sociales. Appartient aussi à cette création la découverte de la caractéristique principale de l’être humain qu’est l’imagination radicale de la psyché, ainsi que l’affirmation du besoin impérieux de la psyché humaine de sens et l’énonciation corrélative que les institutions de la société sont ainsi faites pour offrir ce sens.

A la fois créateur politique et pédagogue, Castoriadis a également proposé une nouvelle définition de la praxis : « j’appelle praxis l’activité lucide dont l’objet est l’autonomie humaine et pour laquelle le seul “moyen” d’atteindre cette fin est cette autonomie elle-même. »[10]

Les idées mères de Castoriadis constituent une découverte. En effet, rien de ce qu’il a écrit sur le social-historique n’est controuvé par l’esprit d’un homme, mais tout est lu dans la réalité historique. Nous nous trouvons ici, je tiens à le souligner, devant un fait capital pour comprendre non seulement son œuvre mais également ce que doit être la pensée politique.

Dans ce colloque, il est aussi question de colère. Je le reconnais pour ce qui me concerne, je suis en révolte contre la réalité actuelle, ce qui implique la colère et plus que cela. Je suis en colère contre les lectures plates de cette réalité, et contre l’impuissance des penseurs politiques et des forces politiques à proposer quelque chose de nouveau. De toute façon, je pense que notre colère doit être double : contre une réalité, envers une situation qui a toutes les caractéristiques pour être considérée comme révoltante, puis une grande colère contre la réponse ou plutôt la non-réponse de la part de la majorité de la population, et plus particulièrement de la part de ceux qui pensent et ceux qui agissent de manière plus que traditionnelle.

Nous nous trouvons devant l’exigence absolue d’une création politique, exigence qui est révolutionnaire d’un autre point de vue cependant que celui de Castoriadis il y a 30 ans[11]. Pour satisfaire à cette exigence, nous trouverons de nombreux éléments dans la pensée politique démocratique de Castoriadis, qui est elle-même une création politique.

I. De la création en général…

La création constitue l’une des idées mères de Castoriadis. Elle est apparue avec la nouvelle étape de son œuvre qui commence par l’élaboration des textes de L’institution imaginaire de la société, chronologiquement à partir du début des années soixante. Elle se trouve mentionnée comme la première de ses idées mères dans la Préface de cet ouvrage.[12]

Il est nécessaire de préciser le contenu exact de cette notion. Dans une autre Préface, consacrée essentiellement à la définition canonique de ses idées mères, après avoir défini le terme de kairos : « moment de décision, occasion critique, conjoncture dans laquelle il importe que quelque chose soit fait ou dit », qu’il emploie pour sous-titrer la première section de son ouvrage, la création est la première des notions définies par Castoriadis. Voici donc l’une des définitions les plus complètes proposées sous la plume de l’auteur : « Création. Dans l’être/étant (to on) surgissent des formes autres – se posent de nouvelles déterminations. Ce qui chaque fois (à chaque “moment”) est, n’est pas pleinement déterminé – pas au point d’exclure le surgissement de déterminations autres. Création, être, temps vont ensemble : être signifie à-être, temps et création s’exigent l’un l’autre. »[13] On a ici la pleine définition, la définition philosophique pourrait-on dire, de l’idée mère de création. La création est la caractéristique principale aussi bien de l’être, de tous les modes d’être, que de l’être humain en particulier.

Parmi les innombrables passages dans lesquels notre auteur définit ce que signifie sous sa plume l’idée mère de création, voici une autre définition qui précise en même temps la signification de la création politique : « l’essentiel de la création n’est pas “découverte”, mais constitution du nouveau : l’art ne découvre pas, il constitue ; […] Et sur le plan social, qui est ici notre intérêt central, l’émergence de nouvelles institutions et de nouvelles façons de vivre, n’est pas non plus une “découverte”, c’est une constitution active. »[14]

S’il fallait insister sur un point, qui a été source de contresens et d’incompréhensions à propos de l’idée de création chez Castoriadis, ce serait l’idée que cette création est ex nihilo mais non pas cum nihilo et in nihilo. La création met en relief la possibilité de l’émergence du nouveau, de la nouveauté radicale, l’émergence de l’altérité, de quelque chose qui est autre et pas différent. « 34 diffère de 43, un cercle et une ellipse sont différents. L’Iliade et Le Château ne sont pas différents – ils sont autres. »[15] Et dans tous les domaines, plus spécifiquement dans le domaine de la création humaine, le domaine social-historique, l’autre, le nouveau, ne peut être réduit aux éléments qui lui sont préexistants ni (re)construit à partir de ces éléments. Lorsque Castoriadis parle donc de création, il met l’accent sur la nouveauté radicale. Et lorsqu’il dit que cette nouveauté est à partir de rien (mais non sans rien ni dans le rien), il veut dire que l’événement historique, en tant que nouveauté, ne peut pas être réduit à la situation qui l’a précédé ni être entièrement expliqué par celle-ci. Beaucoup d’éléments préexistants (donc, non sans rien), qui constituent un contexte particulier (donc, non dans le rien), composent les conditions (et non les causes) d’un événement, mais ce qui arrive finalement ne peut être reconstitué par aucun de ces éléments, ni totalement déterminé par aucune de ces conditions, ni reproduit par aucune recomposition de toutes ces composantes. Ce qui se produit finalement est à partir de rien.

Pour ouvrir une parenthèse sur une communauté d’idées entre notre auteur et Hannah Arendt, la création dans les affaires humaines de Castoriadis correspond, toutes proportions gardées, à l’idée de « miracle », sans aucune connotation religieuse, présente chez Arendt : « chaque fois que quelque chose de nouveau se produit, c’est de façon inattendue, incalculable et en définitive causalement inexplicable, à la manière dont un miracle se produit dans le cadre d’événements calculables. En d’autres termes, chaque nouveau commencement est par sa nature même un miracle »[16]. L’événement est l’inattendu, l’imprévu, ce que l’on ne peut pas expliquer entièrement, à moins d’essayer de le comprendre, comme disait Arendt, ou de l’élucider, comme aurait dit Castoriadis.

II. à la création humaine en particulier : le projet d’autonomie

Penseur profondément et décisivement irréligieux, Castoriadis déclare que l’institution de la société ainsi que l’histoire sont des créations humaines.[17] A partir de cette base inébranlable, il constate une bifurcation historique capitale entre les sociétés humaines : celles qui croient que leurs institutions proviennent d’une source extra-sociale et celles qui savent que leurs institutions sont leur propre œuvre. Les premières sont les sociétés hétéronomes, les secondes les sociétésautonomes ou, selon une formulation encore plus rigoureuse, les sociétés dans lesquelles le projet d’autonomie a émergé, a été créé.

La bifurcation s’effectue donc à partir de l’apparition, de la création, d’un projet, le projet d’autonomie, qui est exigence de l’autonomie à la fois collective et individuelle. Avec la création, l’autonomie, dans son sens plein, devient ainsi une autre des idées mères de l’œuvre de Castoriadis. Autonomie : autos-nomos, signifie, littéralement et profondément, se donner soi-même ses lois.

La première émergence du projet d’autonomie se réalise en Grèce ancienne et se présente indissociablement comme mise en cause des institutions sociales existantes, la création de la politique, et mise en question des représentations de la tribu, la création de la philosophie (qui est, de plus, une philosophie démocratique). La parenté et la simultanéité de l’apparition de ces deux créations humaines se confirment par les questions qu’elles posent. En effet, la première pose la question : Cette loi est-elle juste ?, la seconde pose la question : Qu’est-ce que la justice ? A la base des deux se trouve l’acceptation par les membres de la société de l’idée que c’est nous qui faisons nos lois, accompagnée de l’interrogation infinie sur ce qu’est la justice, ce qui exclut bien évidemment l’idée que la justice est un attribut de Dieu et de lui seul. Selon Castoriadis, le projet d’autonomie réapparaît, après une longue éclipse, dans les sociétés de l’Europe occidentale, à partir des XIIe-XIIIe siècles.[18]

Pour ce qui est du domaine social-historique, l’idée de création ne renvoie pas seulement à l’idée fondamentale selon laquelle la société et l’histoire sont des créations humaines. Elle est tout autant une idée qui renvoie à l’imagination radicale de la psyché de l’être humain, et à l’imaginaire social instituant, caractéristique capitale de l’anonyme collectif. En effet, imagination radicale (du sujet singulier) et imaginaire instituant (du collectif anonyme) sont ainsi caractérisés en raison de la capacité de l’individu et de la société à créer la nouveauté radicale, et à faire émerger l’altérité, en raison de leur faculté de création. On peut ainsi légitimement soutenir que, pour notre auteur, les sources principales de la création humaine sont l’imagination radicale du sujet singulier, capacité d’invention de nouvelles formes, et l’imaginaire social instituant, la faculté du collectif anonyme à créer des significations imaginaires sociales et des institutions qui les incarnent.

En ce qui concerne les significations imaginaires sociales, Castoriadis a expliqué à maintes reprises les termes « signification », « imaginaire » et « sociale ». Signification : « Lorsque l’homme organise rationnellement – ensidiquement –, il ne fait que reproduire, répéter ou prolonger des formes déjà existantes. Mais lorsqu’il organise poiétiquement, il donne forme au Chaos […] Cette forme est le sens ou la signification. Signification qui n’est pas simple affaire d’idées ou de représentations, mais qui doit prendre ensemble, lier dans une forme, représentation, désir et affect. »[19] Imaginaire et sociale : « J’appelle ces significations imaginaires parce qu’elles ne correspondent pas à et ne sont pas épuisées par des références à des éléments “rationnels” ou “réels”, et parce qu’elles sont posées par création. Et je les appelle sociales parce qu’elles n’existent qu’en étant instituées et participées par un collectif impersonnel et anonyme. »[20]

A propos de l’idée d’imaginaire, je note un point qui prête bien souvent à contresens : l’imaginaire n’est pas du tout le fictif. Il est – il est vécu comme – plus réel que toute « réalité ». Citons une des définitions, parmi les meilleures, des significations imaginaires sociales, qui nous aide à comprendre le sens de l’imaginaire : « L’être-société de la société ce sont les institutions et les significations imaginaires sociales que ces institutions incarnent et font exister dans l’effectivité sociale. Ce sont ces significations qui donnent un sens – sens imaginaire, dans l’acception profonde du terme, à savoir création spontanée et immotivée de l’humanité – à la vie, à l’activité, aux choix, à la mort des humains comme au monde qu’elles créent et dans lequel les humains doivent vivre et mourir. »[21]

III. La politique en tant que création

Définition ultime et définitive de la politique et de son objet par Castoriadis

Pensée en mouvement, consacrée à la recherche de « la vérité comme mouvement interminable de la pensée »[22], la pensée de Castoriadis est passée par plusieurs définitions de la politique. Cela est absolument certain, mais dans le cadre de cet exposé, je dois me limiter à la dernière définition, définitive, qui se trouve dans « Pouvoir, politique, autonomie », son texte politique de loin le plus important[23]. Je m’empresse de noter que nous comprenons, par ce texte, combien la pensée politique de notre auteur est, finalement, aisiodoxe, mot du grec moderne que je préfère traduire par les deux mots qui le composent, c’est-à-dire « opinion de bon augure », plutôt que par le terme « optimiste ». En effet, pour le dire en une formule lapidaire qui a un rapport direct avec notre sujet : ce texte nous fait comprendre que la création politique, faite de la main des hommes, est toujours à la portée de nos mains : « Si nous voulons être libres nous devons faire notre nomos[loi]. Si nous voulons être libres, personne ne doit pouvoir nous dire ce que nous devons penser. » (p. 129). [Et p. 158.]

Apparaît pour la première fois explicitement, dans ce texte, une distinction capitale entre lepolitique et la politique, distinction qui correspond à celle entre pouvoir explicite et infra-pouvoir. Le politique est tout ce qui concerne le pouvoir explicite, à savoir l’instance (ou les instances) instituée pouvant émettre des injonctions sanctionnables. Ce pouvoir explicite existe nécessairement dans toute société, sans avoir la même forme (par exemple la forme de l’Etat). Ce qui existe donc nécessairement dans toute société, c’est le politique. Mais avant tout pouvoir explicite, l’institution de la société exerce un infra-pouvoir radical sur tous les individus qu’elle produit. Cet infra-pouvoir « est, en un sens, le pouvoir du champ social-historique lui-même, le pouvoir d’outis, de Personne. » (p. 119). [Et p. 145.] La création de la politique a affaire avec cet infra-pouvoir ou pouvoir instituant, la politique « est une venue au jour, partielle certes, de l’instituant en personne » (p. 127). [Et p. 156.]

Parmi les quatre principales formulations homologues proposées dans le texte comme définition de la politique, nous retenons les deux suivantes, qui sont pour ainsi dire complémentaires : « Aussi bien la politique grecque, que la politique kata ton orthon logon [selon la raison droite], peuvent être définies comme l’activité collective explicite se voulant lucide (réfléchie et délibéré), se donnant comme objet l’institution de la société comme telle. » (p. 127). [Et p. 156.] « La politique est projet d’autonomie : activité collective réfléchie et lucide visant l’institution globale de la société comme telle. » (p. 135). [Et p. 166.] Et « la vraie formulation » qui précise l’objet de cette politique, en faisant d’elle une politique de la liberté, une politique de l’autonomie, une politique fondée sur la paideia (éducation), se propose comme suit : « Créer les institutions qui, intériorisées par les individus, facilitent le plus possible leur accession à leur autonomie individuelle et leur possibilité de participation effective à tout pouvoir explicite existant dans la société. » (p. 138, souligné dans l’original). [Et p. 170.][24]

Conséquences directes de ces définitions synthétiques

Ces définitions nous font entrer pleinement dans l’invention de nouvelles façons de vivre, loin de la course pour « un niveau de vie toujours plus élevé ». En effet, lorsque nous acceptons que la politique concerne l’ensemble des institutions de la société (et « en principe, aucune institution de la société moderne ne peut échapper à la mise en question »[25]), nous sommes pleinement dans la vie, « la vraie vie qui, elle, n’a pas de niveau », pour reprendre une belle formulation de Castoriadis.[26]

En 1980, dans une intervention de nature explicitement politique, au cours d’un débat avec Daniel Cohn-Bendit et le public de Louvain-La-Neuve, Castoriadis affirme : « une autre société, une société autonome, n’implique pas seulement l’autogestion, l’auto-gouvernement, l’auto-institution. Elle implique une autre culture, au sens le plus profond de ce terme. Elle implique un autre mode de vie, d’autres besoins, d’autres orientations de la vie humaine. […] Poser le problème d’une nouvelle société, c’est poser le problème d’une création culturelle extraordinaire. Et la question qui se pose, et que je vous pose, est : est-ce que de cette création culturelle nous avons, devant nous, des signes précurseurs et avant-coureurs ? »[27] Bien qu’il semble quelque peu étrange que Castoriadis pose la question de cette manière, nous nous demanderons, dans la dernière partie de cet exposé, si ce ne sont pas précisément ces « signes précurseurs et avant-coureurs » que le penseur n’a pas cherchés là où il fallait. (Encore faut-il se référer aux bons critères, selon les points de vue appropriés, pour avoir davantage de chances de déceler les « signes précurseurs ».) C’est l’une des raisons pour lesquelles Castoriadis ajoute : « Quant à moi, je ne me fais pas fort de répondre à la question : qu’est-ce qu’une société autonome considérerait comme étant pour elle la bonne vie et créerait comme bonne vie ? J’essaie seulement de lutter pour que cette possibilité lui soit, nous soit donnée. C’est tout. »[28] Nous allons nous interroger, également dans la dernière partie de cet exposé, sur ce refus quasi obsessionnel de Castoriadis de proposer quelque chose de concret en tant que projet politique global pour aujourd’hui, refus qui, nous le constaterons également, n’est pas en cohérence avec ses positions antérieures.

Il est vrai que si la politique est, comme l’histoire, une création humaine, cette création est rare et fragile. Elle n’apparaît pas dans toutes les sociétés ni pendant toutes les périodes. C’est pourquoi ce qui nous importe ici et maintenant, c’est de souligner que cette politique a existé dans les sociétés où nous vivons et qu’elle les a transformées, ce que l’on oublie souvent. Rien n’est évident par définition, rien de ce qui existe devant nos yeux ne nous indique que la réalité présente aurait été la même sans les luttes de ceux qui nous ont précédés. La société instituée est toujours travaillée par la société instituante. Elle est en partie le résultat de la société instituante ainsi que des luttes collectives et individuelles, luttes explicites mais aussi implicites et informelles – Castoriadis lui-même, du reste, a autrefois fortement insisté sur cette forme de luttes ouvrières. On l’oublie très souvent, toujours pris dans l’idée que nous sommes dominés par une situation, par un « système », alors que ce n’est pas entièrement vrai, et parfois même nullement vrai.

Si la création politique présuppose la création des institutions qui favorisent autant que possible l’autonomie individuelle et collective, cela signifie clairement qu’elle exige de nous l’invention de nouvelles institutions, et donc de nouvelles façons de vivre. D’autant plus que les sociétés humaines ont été à l’origine des sociétés hétéronomes, ce qui signifie aussi que les institutions fondamentales des sociétés dans lesquelles nous vivons sont des institutions d’hétéronomie. De toute façon, les institutions existantes aujourd’hui, qui possèdent nécessairement la propriété de consolider et de perpétuer la société présente dans son ensemble, comportent une part considérable d’hétéronomie. C’est la raison pour laquelle une autre définition de la politique, plus radicale, avait déjà été proposée par Castoriadis dans les dernières phrases de L’institution imaginaire de la société : « l’instauration d’une histoire où la société non seulement se sait, mais se fait comme s’auto-instituant explicitement, implique une destruction radicale de l’institution connue de la société, jusque dans ses recoins les plus insoupçonnables, qui ne peut être que position/création non seulement de nouvelles institutions, mais d’un nouveau mode du s’instituer et d’un nouveau rapport de la société et des hommes à l’institution. »[29]

Dans cette perspective, je considère, pour ma part, que la situation sociale actuelle rendnécessaire l’actualisation, voire la transformation, de la définition ultime de la politique par Castoriadis. Sans pouvoir m’attarder longuement, je proposerai trois corrections majeures. Tout d’abord, la politique ne peut être seulement considérée comme activité collective mais aussi comme activité individuelle. Corrélativement, on ne peut considérer seulement comme politiques les actions revendiquées explicitement comme telles mais aussi toutes les activités que Castoriadis appelaient luttes informelles, souterraines et atypiques. Enfin, une nouvelle élaboration de la distinction entre le privé et le public s’impose par le fait même que la politique à affaire avec toutes les institutions de la société.

Nicos Iliopoulos Paris, janvier 2010

Note bio-bibliographique


[1]. Domaines de l’homme, p. 247. Dans l’édition en collection de poche, p. 37. Désormais, la page indiquée entre crochets renvoie aux nouvelles éditions en collection de poche des ouvrages de Castoriadis. Tous les mots ou passages soulignés le sont dans l’original, sauf indication contraire.

[2]. « Fait et à faire », dans le livre homonyme, p. 11. [Et p. 11.]

[3]. « Telles que je les ai depuis toujours vécues, les idées de philosophie et de politique (donc aussi du philosophe et du militant) ne se laissent pas séparer radicalement ; chacune conduit à l’autre », Le contenu du socialisme, p. 324.

[4]. « Ce que je sais, c’est que ce n’est pas la lecture d’Aristote ou de Kant qui m’a fait penser l’institution imaginaire de la société, mais la pensée de celle-ci qui m’a fait relire avec un autre regard Aristote ou Kant. Oserais-je ajouter que ces relectures m’ont convaincu de la pertinence de mes questions, et de l’insuffisance de leurs réponses ? » « Fait et à faire », dans le livre homonyme, p. 24. [Et p. 28.]

[5]. Intervention au groupe du MAUSS, que j’ai transcrite moi-même et qui a été publiée dans laRevue du MAUSS ; voir respectivement, pour la première citation, n° 14, second semestre 1999, p. 201 et, pour la seconde, n° 13, 1er sem. 1999, p. 25.

[6]. L’institution imaginaire de la société, p. 393. [Et p. 424.] Dans un texte ultérieur, « Psychanalyse et politique », en spécifiant la capacité d’apprendre du sujet, Castoriadis écrit : « apprendre à apprendre, apprendre à découvrir, apprendre à inventer », Le monde morcelé, p. 146. [Et p. 180.]

[7]. « La révolution anticipée », texte sur Mai 68, La société française, p. 180.

[8]. « Les destinées du totalitarisme », texte d’une conférence lors d’un symposium sur l’œuvre de Hannah Arendt, le 3 octobre 1981, Domaines de l’homme, p. 201. [Et p. 249.]

[9]. « Marx aujourd’hui » (1983), Domaines de l’homme, pp. 82-83. [Et p. 101.]

[10]. Le monde morcelé, p. 146. [Et p. 179.]

[11]. Je me réfère à un entretien très important de Castoriadis donné après la parution deL’institution imaginaire de la société, qui porte le titre « L’exigence révolutionnaire » (1976) ; repris dans Le contenu du socialisme, pp. 323-366.

[12]. « Les idées qui avaient été déjà dégagées et formulées dans la partie de “Marxisme et théorie révolutionnaire” publiée en 1964-1965 – de l’histoire comme création ex nihilo, de la société instituante et de la société instituée, de l’imaginaire social, de l’institution de la société comme son œuvre propre, du social-historique comme mode d’être méconnu par la pensée héritée – s’étaient entre-temps transformées pour moi de points d’arrivée en points de départ, exigeant de tout repenser à partir d’elles. » L’institution imaginaire de la société, p. 6. [Et p. 6.]

[13]. « Les idées qui avaient été déjà dégagées et formulées dans la partie de “Marxisme et théorie révolutionnaire” publiée en 1964-1965 – de l’histoire comme création ex nihilo, de la société instituante et de la société instituée, de l’imaginaire social, de l’institution de la société comme son œuvre propre, du social-historique comme mode d’être méconnu par la pensée héritée – s’étaient entre-temps transformées pour moi de points d’arrivée en points de départ, exigeant de tout repenser à partir d’elles. » L’institution imaginaire de la société, p. 6. [Et p. 6.]
[14]. Domaines de l’homme, p. 8, Préface. [Et p. 9.] Il écrit un peu plus loin : « Création, imagination radicale, imaginaire social-historique et société instituante, magma, solidarité et distinction de l’ensidique et du poïétique, idées mères interminablement fécondes, thèmes ignorés ou occultés par la pensée héritée. » Ibid., p. 14. [Et pp. 16-17.]

[15]. « Temps et création », Le monde morcelé, p. 267. [Et p. 333.]

[16]. Qu’est-ce que la politique ?, p. 51.

[17]. « L’histoire est création, largement indéterminée. L’institution de la société ne découle pas de lois – “naturelles”, “rationnelles” ou comme on voudra. Elle est l’œuvre de l’imaginaire social instituant. La société s’institue chaque fois elle-même. Mais elle occulte cette auto-institution en se la représentant comme l’œuvre des “ancêtres”, des dieux, de Dieu, de la Nature, de la Raison – ou des “lois de l’histoire”, comme c’est le cas avec le marxisme. » Domaines de l’homme, p. 21. [Et p. 24.]

[18]. La lecture de l’histoire des sociétés humaines par Castoriadis, ce qui constitue encore une création de pensée qui lui est propre, exclut l’idée d’une philosophie de l’histoire, et bien évidemment l’idée de progrès. Voici un passage parmi les plus forts, les plus clairs et les plus beaux : « Je pense qu’il y a toujours eu à cet égard [à l’égard de la philosophie de l’histoire et du “progrès”] une énorme confusion. On a confondu deux niveaux qui n’ont pas des rapports immédiats et simples. Le premier est celui de la dimension que j’appelle ensembliste-identitaire (ensidique, pour la brièveté), le niveau “techno-arithmétique” ou instrumental. Sur ce niveau, si l’on considère l’histoire de l’humanité dans ses grands traits, depuis l’hominisation, il y a un progrès immense : on est passé de 1, 2, 3 … aux mathématiques contemporains, et des silex aux bombes H. L’autre niveau est celui de la création des significations imaginaires et en particulier des significations politiques et émancipatrices : ici on ne décèle pas, et à mon avis rien ne rend a priori probables, des mouvements uniformes de l’histoire. Toutes les cultures ont créé, en dehors de l’ensembliste-identitaire, des œuvres magnifiques, mais pour ce qui est de la liberté humaine, il n’y a eu que deux cultures, comme deux grandes fleurs poussant dans ce sanglant champ de batailles, où quelque chose de décisif s’est créé : la Grèce ancienne et l’Europe occidentale. Cette deuxième fleur est peut-être en train de se faner, peut-être cela dépend-il de nous qu’elle ne se fane pas définitivement, – mais finalement, il n’y a aucune garantie que, si elle se fanait, une troisième fleur surgirait plus tard, avec des couleurs plus belles. » Ouvrage collectif, De la fin de l’histoire, Paris, éditions du Félin, 1992, p. 71.

[19]. La montée de l’insignifiance, p. 199. [Et p. 241.]

[20]. Domaines de l’homme, p. 225. [Et p. 280.]

[21]. La montée de l’insignifiance, p. 223. [Et p. 269.]

[22]. « Pouvoir, politique, autonomie », Le monde morcelé, p. 127. [Et p. 156.] Les pages entre parenthèses renvoient à cet ouvrage et celles indiquées entre crochets renvoient à la nouvelle édition du même livre en collection de poche.

[23]. Si besoin en était, on peut le constater par le seul fait que ce texte dense, de 27 pages, a été élaboré sur une durée de près de dix ans. Il s’agit de son texte peut-être le plus travaillé, et lors d’une période où il avait fixé ses idées principales, qu’il résume tout au long de ce texte.

[25]. « Imaginaire politique grec et moderne », La montée de l’insignifiance, p. 171. [Et p. 206.] Il est à noter que c’est Castoriadis, à qui certains reprochaient d’être « nostalgique de la Grèce ancienne », qui écrit cette phrase tout en ajoutant, dans le même texte, que les Grecs ne sont pas parvenus à créer l’universalité politique, pour en conclure : « il nous faut aller plus loin que les Grecs et que les Modernes. » ; voir p. 174. [Et p. 210.] Voir aussi, dans ce même livre, p. 193. [Et p. 232.]

[26]. « Le mouvement révolutionnaire sous le capitalisme moderne » (1960), Capitalisme moderne et révolution, 2, p. 142.

[27]. De l’écologie à l’autonomie, p. 45.

[28]. Ibid., p. 107.

[29]. Le fait qu’il s’agisse ici d’une définition de la politique, autrement plus radicale, est confirmé par les lignes suivantes, écrites en 1972 : « C’est cela le sens nouveau qu’il faut donner au terme tant galvaudé de politique. La politique n’est pas lutte pour le pouvoir à l’intérieur d’institutions données ; ni simplement lutte pour la transformation des institutions dites politiques, ou de certaines institutions, ou même de toutes les institutions. La politique est désormais lutte pour la transformation du rapport de la société à ses institutions ; pour l’instauration d’un état de choses dans lequel l’homme social peut et veut regarder les institutions qui règlent sa vie comme ses propres créations collectives, donc peut et veut les transformer chaque fois qu’il en a le besoin ou le désir. » Introduction générale de la publication en recueil des textes politiques de Castoriadis parus dans la revue Socialisme ou Barbarie, texte majeur en ce sens que l’auteur présente lui-même et de manière détaillée tout son parcours réflexif en grandes étapes. Voir La société bureaucratique, 1, p. 54.


( http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/cornelius-castoriadis-et-la-creation-politique-1/ )

Rue89 – Causeur : le duel en direct

Rue89 – Causeur : le duel en direct

Après les duels d’éditos, la bataille de tweets

Publié le 18 octobre 2011 à 15:15 dans Politique

Mots-clés : ,

Le Mardi 18 octobre, à partir 15h30, les rédactions de Rue89 et de Causeur.fr s’affronteront en direct sur les grands sujets d’actualité du moment.

Pour participer au débat, laissez vos commentaires dans le module de dialogue ou publiez vos tweets avec le htag #LaBattle.

Tous les coups ne sont pas permis !


(lien : http://www.causeur.fr/rue89-causeur-le-duel-en-direct,12421 )

La Zonzon Alain Guyard

Livres

La Zonzon

Alain Guyard

978-2-84263-675-3La Zonzon

Genre : Roman
ISBN : 978-2-84263-675-3
Année de parution : août 2011
Nombre de pages : 288
Format : 14x20.5 cm

Couverture : Louis Monier
Prix : 20€
Exemplaire du tirage de tête : 80€

Lazare Vilain, philosophe de formation et dialecticien de vocation, s’en vient, suite à une proposition officielle, à enseigner son noble art devant un public de taulards. Porté par un style goûteux et argotique, voici la métaphysique à coups de mandales.

Résumé

Après certaine Philosophie dans le boudoir rêvée par Sade à la Bastille puis à Charenton, le Dilettante vous offre, en programme exclusif, offert par Alain Guyard, la philosophie dans le parloir, une version hautement pénitentiaire et fort peu dialectique de la méditation métaphysique et de l’investigation morale. Mais encore ? J’y viens. Attendez-vous à savoir que Lazare Vilain, philosophe de formation et dialecticien de vocation, s’en vient, suite à une proposition officielle, à enseigner son noble art devant un public de taulards, histoire de pondérer leurs ardeurs et d’ouvrir dans leur mental irascible une fenêtre vers le ciel des transcendantaux. Il monte donc en chaire en tout lieu de détention qu’on lui signale. La chose se passe au mieux : troublé, inquiet, séduit, le public répond présent. Mais peu à peu Vilain se familiarise, copine, couche et devient passeur de courrier, puis partie prenante du milieu, pas de celui qu’il importe de garder en toute chose, mais de l’autre qu’il importe de ne fréquenter qu’armé de méfiance et d’un Glock fait à sa main. Dans son sillage, on fréquente salle de boxe, clubs, claques, arrière-salles et bas-fonds ; on s’invite à la table de M.Riccioli, on croise Rocky-les-baffes, Leïla la veuve d’un braqueur anar et les Barbarovitch les bien nommés, les Peachum du PACA, régnant sur toute une famille de mendiants et d’ouvriers bidon. On assistera même à une corrida carcérale et croisera un « pizzaiolo pornologue ». Final en forme de déclaration d’amour et de règlement de comptes politique. Nietzsche a rêvé d’une « philosophie à coups de marteau », Guyard vous offre, porté par un style goûteux et argotique, la métaphysique à coups de mandales. Affaire de style. Tendez la joue gauche, premier service !

Extrait

« Et voilà comment j’étais en train de monter la seule école française de philosophie qui ne recrutait pas des pisse-froid de normaliens ou des agrégés de mes deux, mais de solides castagneurs, des videurs de boîtes à putes et des maquereaux de la Côte d’Azur. La faculté n’avait qu’à bien se tenir… Tremblez, rédacteurs de Philo Magazine et petits philosophes branleurs qui se la pètent anars et posent en rebelles en lisant du Onfray… L’hallali de la philosophie confisquée par les bourgeois a sonné !… Bientôt vont débouler sur les champs de course du concept des lascars sans foi ni loi, citant Stirner, Paul Lafargue et Georges Sorel !… »

Presse

Derrière son style foisonnant et son langage coloré, cette histoire pleine d’humains éclaire de l’intérieur les recoins sombres de la société, où, entre “surveiller et punir”, la liberté est mis en cage.
Laurent Boscq, Rolling Stone, octobre 2011

Qu'on imagine Le Banquet de Platon servi à des lascars qui se méfient d'un langage qui n'est pas le leur (…) De la philo à l'argot, il n'y a qu'un pas; de l'argot aux arguties, un deuxième; un troisième va faciliter la comprenette entre taulards et taulier, quand ce dernier décide de partager avec eux le langage des marlous (…) La Zonzon, tout compte fait, c'est un peu Georges Courteline fourvoyé chez Alphonse Boudard.
Alfred Eibel, Valeurs Actuelles, 13/19 oct 2011


Philo cachot

Alain Guyard, c'est juste le prof de philo que vous auriez rêvé d'avoir en terminale (…) Dans
La Zonzon, il raconte sa life de prof de philo en prison en y ajoutant ce qu'il faut de romanesque. Et en écrivant dans une langue argotique et imagée qui tient à la fois de Frédéric Dard, d'Alphonse Boudard et de Michel Audiard. Que des "dards", comme Guyard.
Arnaud Viviant, Elle, 7 octobre 2011

"La Zonzon" par Arnaud Viviant dans sa chronique du samedi 3 septembre "Un livre sous le bras" sur France Inter.
Pour écouter, cliquez
ICI

Entretien d’Abeline Majorel avec Alain Guyard.

Retour aux fondamentaux de la virilité, l’amitié entre hommes, le frisson de la lutte, le tremblement de la peur, le sentiment de faire partie d’un monde interlope et donc d’avoir autant de convictions que de couilles. Lazare Vilain va tenter d’enseigner la sagesse à ceux qui n’ont pas été très sages et qui ont été punis. Mais la maïeutique va dans les deux sens et si Lazare leur ouvre la porte de l’interrogation, les « enchristés « lui tendent le miroir fascinant de la perversion. Et voilà Lazare renaissant à l’amour en compagnie d’une Leila, professeur de musique et révolutionnaire des parloirs, bourlinguant pour sauver sa belle, sa belle espérance, et finalement sa peau.
Abeline Majorel,
Chroniquesdelarentréelittéraire, 14 septembre 2011

Et les prisonniers, héros du roman d'Alain Audiard, n'ont pas fini de nous étonner quand ils vont parler philosophie avec leur prof Lazare Vilain. Celui-ci, philosophe de formation et dialecticien
de vocation en vient, suite à une proposition officielle, à enseigner son noble art devant un public de taulards, histoire de pondérer leurs ardeurs et d'ouvrir dans leur mental irascible une fenêtre vers le ciel des transcendantaux. Le résultat, porté par le style argotique de l'auteur, ne manque pas de piment.
Lyliane Mosca, Libération Champagne, 11 septembre 2011

Après une première partie qui s’attache au milieu, au concept et aux personnages, une véritable intrigue policière qui se construit, comme un scénario d’Audiard défilant sur près de 300 pages, qui comme tout polar digne de nom, finira mal – ou bien, dépend pour qui…
Mais c’est surtout un polar drôle, foutraque avec de bons mots bien sentis, et une peinture sociale en second plan qui ne manquera pas de baffer les ahuris, conforter les engagés, et filer des uppercuts à la probable majorité des lecteurs, plus habitués aux essais et romans à thèse au sujet des prisons que des règlements de compte sanglants en déclamant du Spinoza. Un régal que ce roman décalé, sombre et drôle, politique et revanchard.

Jean-François Lahorgue,
Benzinemag.net

La Zonzon, du canaille tout en gouaille, raconte les aventures d’un prof naïf chez les taulards. Comme dans tout bon roman qui se respecte, il y a du vrai et du faux, et même du faux qui pourrait être du vrai. C’est hilarant et méchant al dente.
Martine Laval, Siné Mensuel N°1 –septembre 2011

« “Parfois une belle hauteur de vue, une gravité des positions, une radicalité des propos, et des fois, des beaufferies de café du commerce. Avec le temps, on apprend à laisser débagouler les geigneries du quotidien, pour prendre appui petit à petit, en douceur, sur ça aussi, afin de retricoter du sens.” À trop flâner en “pays de truandaille”, le personnage de Guyard jour avec le feu. Il décrit cette liaison dangereuse avec un entrain frisant la bouffonnerie et qui lui sert à faire une incursion du côté du roman à suspense. Avec son style inventif et truculent, à mi-chemin entre Boudard et Audiard, l’auteur réussit surtout à créer un genre difficile entre tous : le burlesque social. Un peu zinzin sur les bords, Zonzon dresse donc le portrait d’un homme qui, au risque d’y laisser des plumes, met la philo à l’épreuve du cachot. »
Anthony Dufraisse, Le Matricule des anges, Septembre 2011

La philosophie dans le mitard
Ce récit haut en couleur, un brin argotique, ranime les souvenirs, et notamment ceux de Michel Audiard ou Frédéric Dard (…) Cette écriture rythmée se lit aisément. Elle montre les parties honteuses de la société, dépeint les détenus comme des êtres pensants, ose nous faire rire de situations scabreuses, et souligner l'absence de solution que représente, aujourd'hui comme hier, "la zonzon".
Benoît Duteurtre, Marianne, 27 août/2 septembre 2011

"La Zonzon", premier roman d'Alain Guyard, sera le coup de cœur de Julies Bacques, de la librairie L’Amandier à Puteaux, dans l'émission "TéléMatin" sur France 2, le 27 septembre entre 8h15 et 8h45.

Alain Guyard manie plume et argot comme un boxeur les gants et l’uppercut. Alain Guyard rencarde Platon avec les tontons flingueurs version XXIème siècle. Alain Guyard est très, très bon, mais c’est peut-être parce qu’il sait de quoi il cause, et Alain Guyard m’a fait marrer comme rarement.
Gaetan Kervynn,
Librairie Filigranes à Bruxelles

Allez, bienvenue en prison ! (…) Il s'agit d'un premier roman, que l'on imagine assez inspiré de la réalité professionnelle de l'auteur, et pourtant celui-ci se laisse prendre par le jeu de la fiction pour écrire un vrai roman noir (et pourtant souriant) à la gouaille réjouissante. on est un peu chez Audiard, un peu chez Nietzche et, diable, que cela est bon !
Lire, le guide de la rentrée littéraire Virgin 2011, Septembre 2011

Lazare est prof de philosophie Pas à la Sorbonne mais aux Baumettes et autres zonzons (pensons en argot). Un univers qu'il découvre et qu'Alain Guyard, qui signe là son premier roman, nous raconte avec une verve éblouissante qui aurait beaucoup plu à Frédéric Dard et à Michel Audiard.
Eric Lamon, Télé Loisirs, 22/28 août 2011

Contre Michel Onfray

Dans son premier roman, Guyard raconte sa vie de professeur de philosophie en prison, recruté par le service pénitentiaire d'insertion et de probation, le SPIP, ("le truc qui fait dans le social en prison, comme le porc à l'ananas dans le sucré au milieu du salé") en y ajoutant juste ce qu'il faut de romanesque. Et en écrivant dans une langue argotique et imagée qui tient à la fois de Frédéric Dard, de Michel Audiard et d'Alphonse Boudard, que des dards.
Arnaud Viviant,
Transfuge, Septembre 2011

Traité de mœurs de la cabane.
Un ouvrage enlevé et inquiétant, beau comme la rencontre d'un parabellum et d'une machine à découdre sur une table de bistrot. Un ouvrage écrit par un intellectuel qui a été en prison de lui-même pour que la pensée sauvage puisse s'en évader. (…) Ce roman documenté et documentaire possède la force d'un accouchement, la vigueur d'un ras-le-bol, l'urgence d'un cri.
Philippe Vilard, L'Express-Suisse/Le Nouvelliste, 23 août 2011

Anar désinvolte, Lazare n'a pas su dire non. Pour les taulards comme pour le lecteur, c'est tout bénef (…) Alain Guyard décrit dans ce roman noir éclaire l'humanité bruyante au milieu des odeurs de pisse, les grands espoirs et les petites combines - et les balles de tennis farcies au shu qui tombent des murs extérieurs à l'heure de la promenade. Un documentaire n'est jamais plus efficace que porté par une fiction solide.
Bertrand Guillot, Standard, été 2011

La philo pour les bad boys, leçon n°7 : Georges Sorel, tout dans les burnes, rien dans les urnes
Fluctuat.net, 19/08/2011

La philo pour les bad boys, leçon n°6 : Paul Lafargue, chômeur en CDI
Fluctuat.net, 08/08/2011

La philo pour les bad boys, leçon n°5 : (Mad) Max Stirner, un poivrot binoclard en faillite
Fluctuat.net, 26/07/2011

La philo pour les bad boys, leçon n°4
: Maître Eckhart ou Iggy Pop chez les Carmélites
Fluctuat.net, 12/07/2011

La philo pour les bad boys, leçon n°3 : Diogène, faux-monnayeur et proxénète bénévole
Fluctuat.net, 06/07/2011

La philo pour les bad boys, leçon n°2 : Antisthène, roi de la baston
Fluctuat.net, 29.06.11

La philo pour les bad boys, leçon n°1 : Socrate, ce zonard par Alain Guyard
l
ivres.fluctuat.net/ 22.06.11

Philosophie dans le parloir
Un intervenant en milieu carcéral se laisse séduire et manque de déraper.

Pour son premier roman – puisé en partie dans sa propre expérience (il est lui-même philosophe “ outdoor”) - Alain Guyard a concocté un cocktail de roman d’amour et de satire sociale, avec un zeste d’espionnage. Pour l’inspiration et le style, on pense à San-Antonio, à Audiard : c’est original, drôle et gentiment subversif. »
Jean Claude Perrier, Livres Hebdo n°871, Avant-critiques, 24 juin 2011

Alain Guyard, le prof de philo passe-muraille
Philippe Thuru,
La Provence, 23 octobre 2010


Plus d'informations

Rencontre avec Alain Guyard/ Arles
Alain Guyard dédicacera son premier roman "La Zonzon" à la Librairie Forum Harmonia Mundi 3/5 rue du Président Wilson à 18h30 le vendredi 21 octobre à Arles. Contact: 04 90 93 65 39


( http://www.ledilettante.com/fiche-livre.asp?Clef=1094 )

lundi 17 octobre 2011

Cinq objets qui changeront votre quotidien dans cinq ans

Cinq objets qui changeront votre quotidien dans cinq ans

9 commentaires
Créé le 13/10/2011 à 17h47 -- Mis à jour le 14/10/2011 à 16h02

HIGH TECH - Organisé ce jeudi à la Cité des Sciences à Paris, le «5Plus Forum», axé sur les innovations technologiques, proposait d'explorer nos vies futures en 2016 le temps d'une journée. 20 Minutes a sélectionné cinq objets ou tendances qui promettent de révolutionner vos habitudes...

Au travail

Il y a fort à parier que dans cinq ans, les logiciels comme Skype, qui permettent la visio-conférence, seront complètement dépassés. Pas assez interactifs, vous diront les habitués du télétravail. Alors pourquoi ne pas se faire remplacer par un robot, présent en salle de réunion à votre place? Un double qui sera capable de se déplacer et de tourner la tête pour désigner celui à qui l’on s’adresse comme on le ferait lors d’une discussion normale. Imaginez qu’il soit piloté à distance quand vous êtes en déplacement, qu’il dispose d’une caméra vous permettant de voir la salle de réunion, et qu’il soit doté d’une interface web, d’un écran et de haut-parleur pour que vos interlocuteurs puissent vous voir et vous entendre. Les Américains ne sont pas les seuls à y penser. La société française Gostai, basée à Paris, a inventé un tel robot, Jazz, d’un mètre de haut et de forme humanoïde (mais assez éloignée de l’être humain pour éviter l’effet dit de «vallée dérangeante»). D’après Gostai, une vingtaine d’entreprises ont déjà fait appel à Jazz, en France comme à l’étranger. D’ici à 2016, ne soyez donc pas effrayés si vous croisez un tel robot dans les couloirs de votre société!

Un nouvel ami pour les filles

Celles qui aiment se pomponner mais qui ne s’y connaissent pas forcément en maquillage aimeront le Virtual Mirror développé par EZface, qui travaille depuis une dizaine avec des professionnels des cosmétiques. Le concept est simple: il s’agit d’une borne (un peu similaire à un mini poste de télévision niveau design) installée dans les rayons beauté des magasins, qui vous permet de vous prendre en photo et de simuler un maquillage en fonction du produit que vous avez choisi (rouge à lèvre, fard à paupière…). Première étape: regarder la caméra, en haut, et attendre les flashs, pour la photo, qui se révèle d’excellente qualité. Deuxième étape: scanner le code-barres du produit directement sur la borne. Le résultat est bluffant: sur l’image affichée un rouge à lèvre paraît très réaliste sur la peau, tout comme sa texture. Le plus gros défi pour Jérôme Peyrelevade, responsable chez EZface? «On se demande toujours à quel point on est proche de la réalité. Il faut aussi que le visage soit analysé de manière automatique.» Jusqu’à présent, c’est plutôt réussi. Le côté intéressant du Virtual Mirror, qui a déjà été installé depuis 2010 dans plusieurs supermarchés en France, c’est qu’il est aussi là pour vous conseiller. Si vous avez choisi une couleur qui ne vous sied pas, il sera capable de vous dire quel numéro choisir à la place, en vous proposant toujours de visualiser le résultat.

Pour ceux qui n’aiment pas (ou n’ont pas le temps de) faire les courses

Le paiement sans contact avec les téléphones mobiles est une révolution attendue depuis plusieurs années déjà. L’été dernier, Google se lançait sérieusement dans l’aventure en déployant des tests dans des boutiques américaines. A l’avenir, les nouveaux smartphones devraient être équipés de la technologie NFC (Near-Field Communication). Alors que pourra-t-on faire d’ici à cinq ans grâce à cette innovation? Utiliser son téléphone portable comme Pass Navigo? Pas seulement.

Casino, par exemple, qui travaille avec la société Think & Go, spécialisée dans ce domaine, est en train de tester un système qui permettrait à ses clients de faire leurs courses avec leur smartphone. L’information sur chaque produit dans le rayon (désignation, prix, ingrédients, promo, possibles allergies détectées si vous avez mis à jour votre profil) serait contenue dans une puce NFC collée à l’étiquette et il suffirait de mettre son téléphone au contact de cette puce pour ajouter l’article au panier virtuel. A la fin, rien ne vous empêchera de finaliser votre commande sur le chemin du retour vers la maison, toujours depuis l’écran de votre téléphone, et d’attendre que celle-ci soit livrée. Pour l’heure, il s’agit encore de prototypes. Le premier test en magasin sera effectué en fin d’année prochaine, selon l’enseigne.

A la maison

Vous êtes chez vous, bien installé sur votre canapé devant un film. Votre téléphone sonne, vous choisissez d’y répondre. Le DVD se met sur pause automatiquement, parce qu’un détecteur de mouvement comme celui du Kinect a compris que vous aviez posé la main sur le combiné. Le scénario est futuriste, mais savez-vous qu’un laboratoire en France, Bell Labs (qui fait partie du centre de R&D d’Alcatel-Lucent) travaille actuellement sur ce genre d’interactions avec des objets de tous les jours? Pour Philippe Jabaud, ingénieur de recherche du Bell Labs, «la reconnaissance de geste est assez prometteuse». Il attend avec impatience que les systèmes de détection soient plus précis pour trouver des applications originales qui viendraient agrémenter notre quotidien. Grâce à une application développée pour la démonstration, il propose déjà des choses assez sympathiques: en touchant simplement une règle, l’ordinateur comprend que l’utilisateur veut mesurer quelque chose. Pour savoir combien mesure une table, il suffira ensuite de poser ses mains d’un bout à l’autre de cette dernière. L’ordinateur fera le reste… Tout cela grâce à la reconnaissance de gestes et d’objets.

Dans la voiture

Que diriez-vous d’avoir accès à des applications en voiture? Informations sur votre parcours, indications sur vos émissions de CO2, info-trafic, musique et vidéo en ligne, jeux divers (à condition de ne pas être a volant!), le tout depuis le même écran, tactile. La voiture connectée existe déjà chez certains constructeurs et sera vraisemblablement généralisée dans les années à venir. Des entreprises comme Altran, présente au 5Plus Forum, l’ont bien compris et travaillent en ce sens à développer un maximum cette technologie pour la proposer aux constructeurs. Christophe Fava-Rivi, qui travaille sur la partie logicielle pour cette société a expliqué à 20 Minutes que «le public ne comprend pas qu’il ait un iPad, des applis, et qu’il ne puisse pas les utiliser en voiture». Pour lui, il va y avoir une sacrée demande car «les gens aiment de plus en plus personnaliser tous leurs supports». Attention toutefois à ne pas vous laisser distraire sur la route!

dimanche 16 octobre 2011

Le créateur du langage C, Dennis Ritchie, est mort

Le créateur du langage C, Dennis Ritchie, est mort

Dennis MacAlistair Ritchie est décédé dans la nuit du 8 au 9 octobre. L'auteur du langage a été récompensé par de nombreux prix, notamment le célèbre prix Turing.

Publié le 13/10/2011, 13h44

L'un des pères de l'informatique moderne s'en est allé. L'informaticien américain Dennis MacAlistair Ritchie est décédé dans la nuit du 8 au 9 octobre. Sa principale contribution au monde de l'informatique restera lelangage C qu'il conçoit au début des années 70. Il s'agit d'un des langages de programmation le plus utilisé pour la conception de logiciels (sous Windows, Linux ou Unix), et l'un des plus enseigné. Mais, Dennis Ritchie a aussi été l'un des principaux développeurs du système d'exploitation d'Unix.

Tout au long de sa carrière de nombreux prix lui ont été remis pour récompenser et reconnaitre sa contribution au monde informatique. Il reçoit notamment le prix Turing en 1983, l'IEEE Richard W. Hamming Medal en 1990. En 1999, Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, lui remet la médaille nationale des technologies pour l'ensemble des innovations qu'il a su apporter aux technologies.

Google arrête Buzz, ancêtre de Google+

Google arrête Buzz, ancêtre de Google+


14/10 - 19h20

Le groupe internet Google a annoncé vendredi l'arrêt de plusieurs programmes, dont sa première tentative de réseau social Buzz qui s'était heurté aux critiques dès son lancement en février 2010, contrairement à son nouveau produit Google+.

"Dans quelques semaines nous arrêterons Google Buzz et l'interface de programmation de Google Buzz, pour nous concentrer plutôt sur Google+", a déclaré un des responsables de Google, Bradley Horowitz, sur le blog officiel du groupe.

"Nous avons beaucoup appris avec des produits comme Buzz, et nous nous servons de ce savoir tous les jours dans notre vision pour des produits comme Google+", a ajouté M. Horowitz.

Au moment du lancement de Buzz, le service créait automatiquement pour les utilisateurs de la messagerie Gmail une liste de contacts, liste accessible à tous. Sous les critiques, Google avait dû faire des changements, puis accepter de payer 8,5 millions de dollars suite à une plainte en justice sur le thème de la protection de la confidentialité des informations.

L'arrêt de Buzz intervient près d'un mois après que Google a ouvert au grand public son nouveau service Google+, outil de personnalisation du web qui était en phase de test depuis la fin juin.

Jeudi soir le directeur général Larry Page s'est réjoui que Google+ compte déjà 40 millions d'utilisateurs, et avait laissé entendre que ce service était appelé à terme à chapeauter l'ensemble des fonctionnalités internet proposées par Google.

"Nous en sommes au tout début de ce que peut faire la technologie", a-t-il dit à l'occasion de la présentation des résultats trimestriels. "Les outils que nous utilisons auront une allure très différente dans cinq ans, et nous sommes en train de les intégrer à Google+".

M. Page a aussi indiqué que le groupe, en phase de recentrage, avait déjà supprimé 20 services entre juin et septembre.

Vendredi le groupe a précisé que Jaiku, un service permettant aux utilisateurs de rester en contact à tout moment via leurs téléphones portables, acquis à l'occasion de l'achat d'une start-up finlandaise en 2007, allait fermer en janvier 2012, tout comme le service "Code Search", censé faciliter la recherche de codes sources ouverts sur le web.

samedi 15 octobre 2011

Les entreprises doivent former leurs salariés aux risques des réseaux sociaux

Les entreprises doivent former leurs salariés aux risques des réseaux sociaux

Une large majorité des firmes empêchent leurs employés d'accéder aux sites collaboratifs, pour des questions de sécurité et de productivité. Mais le dialogue et la formation sont souvent plus efficaces.

Alors que les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante dans le quotidien des internautes, les entreprises tentent d'en limiter l'utilisation sur le lieu de travail. Ainsi, près des trois quarts des firmes dans le monde bloquent totalement l'accès à ces plates-formes, selon une étude de Kaspersky. En France, les compagnies seraient un peu plus permissives : 64 % "seulement" empêcheraient leurs salariés de naviguer sur Facebook et autres Twitter. Le but avoué serait d'éviter que les employés n'y dilapident une partie de leur temps de travail mais surtout de protéger la sécurité de l'entreprise. Mais d'après l'étude, le blocage pur et simple de ces sites n'est pas la solution idéale.

Une sécurité souvent compromise

Certaines entreprises ne peuvent s'en passer dans leur stratégie de communication. Des employés pourraient même se croire mis au défi de contourner ces restrictions. Il faut avant tout former le personnel et l'impliquer dans la protection de la firme, note l'étude. En effet, les réseaux sociaux permettent aux cybercriminels de propager rapidement des malwares comme le ver Koobface ou de réaliser des attaques de phishing pour dérober des mots de passe. Ainsi, près de 30 % des entreprises déclarent être touchées par des infections causées par des activités de leurs salariés sur les sites communautaires. L'utilisation d'antivirus ne sert à rien si les employés ne sont pas au courant des risques.

Des actes simples pour pallier aux principales attaques

Le rapport conseille donc aux entreprises de sensibiliser, par le dialogue et l'exemple, leur personnel à des mesures très simples : ne pas enregistrer ses codes d'accès dans le navigateur web, ne pas cliquer sur des liens inconnus (pouvant aboutir à la contamination par des vers se propageant à tous les contacts et aux serveurs de l'entreprise). Il faut également expliquer la nécessité de prendre garde aux différents niveaux de classification sur les réseaux sociaux afin de ne pas divulguer des informations trop personnelles et qu'une simple recherche sur Google ne les fasse pas apparaître dans les résultats.


( http://www.atelier.net/fr/articles/entreprises-doivent-former-leurs-salaries-aux-risques-reseaux-sociaux )