jeudi 20 décembre 2012

Energies du futur : nos cinq idées folles



« GAME CHANGER »19/12/2012 à 12h11

Energies du futur : nos cinq idées folles

Etienne Baldit | Rue89

Quand on parle d’énergies renouvelables, on pense d’abord aux éoliennes, au solaire, à la biomasse ou à l’hydraulique. Mais les scientifiques du monde entier ont d’autres idées dans leurs cartons.
PAS QUE DU VENT !
« L’énergie durable - Pas que du vent ! » est un ouvrage étonnant : David MacKay tente d’y dépassionner le débat autour de l’énergie, en se basant uniquement sur les chiffres – « mon but, c’est de bâtir un plan où le compte soit bon » – et non sur des adjectifs.
Avec beaucoup de clarté et d’humour, il dresse un état des lieux lucide et donne un certain nombre de perspectives pour l’avenir énergétique de la planète.
Il y attaque également l’adage selon lequel « chaque petit geste compte » : « si tout le monde en fait un petit peu, nous n’arriverons à faire qu’un petit peu. »
Son conseil : « Ne vous laissez pas distraire par le menu fretin ; concentrez-vous sur les gros poissons, les facteurs de changement décisifs. »
Parfois loufoques, beaucoup d’entre elles semblent « trop belles pour être vraies », ou reposent sur des technologies que l’on ne maîtrise pas encore parfaitement.
A l’occasion du débat national sur la transition énergétique, Rue89 s’est penché sur cinq formes d’énergies nouvelles : crédibles, possibles « game changers » (révolutionnaires), ou futures bonnes idées rangées au placard ?
Nous avons pu les soumettre au jugement de David J.C MacKay, physicien et professeur de philosophie à Cambridge, que nous avons rencontré lors de son passage à Paris.
Après la publication de son livre« L’énergie durable - Pas que du vent ! » (téléchargement gratuit) en 2009, il a été nommé conseiller technique au Department of Energy and Climate Change, le ministère britannique de l’Energie.
Voilà donc nos cinq idées un peu folles, mais qui méritent réflexion.
1

Le thorium : le nucléaire propre ?

Ce minerai est au cœur d’un intense débat depuis les années 60. Ses plus fervents défenseurs le présentent comme l’« atome vert », la possibilité d’un nucléaire propre ; ses détracteurs, eux, dénoncent la « fable du thorium ».
« LE RÊVE DU THORIUM »
Documentaire d’Alex Pasternack pour Vice - 2011 (28 minutes)
Vu sous un certain angle, le thorium est plus qu’alléchant :
  • il est trois fois plus abondant dans la nature que l’uranium (presque autant que le plomb) dont les ressources pourraient être épuisées d’ici à 2100 ;
  • il est beaucoup plus difficile à utiliser pour fabriquer des bombes nucléaires ;
  • son utilisation comme combustible produit beaucoup moins de déchets, qui peuvent pour la plupart être réinjectés dans le réacteur.
Pour David MacKay, nous disposons déjà de la technologie permettant d’utiliser le thorium :
« Avec des ajustements mineurs, le thorium peut être utilisé comme combustible dans les réacteurs actuels, en addition d’un peu d’uranium. Et une réflexion existe sur d’autres types de réacteurs, qui ont fonctionné par le passé et dont les propriétés en termes de sécurité étaient excellentes. »
Alors, si le thorium est si formidable, pourquoi est-ce qu’on ne l’utilise pas ?
« L’énergie durable - Pas que du vent ! », David J.C MacKay. De Boeck, 2009 
« Au départ, la Grande-Bretagne a développé des réacteurs nucléaires afin d’obtenir du plutonium pour faire des bombes. L’électricité était une idée secondaire. C’est pour ça qu’on a choisi l’uranium.
C’est probablement la raison pour laquelle les Etats-Unis et la France ont choisi l’uranium également. »
C’est l’une des légendes qui entourent le thorium : la recherche – prometteuse – menée dans les années 50 et 60 aux Etats-Unis aurait été stoppée au profit de la filière à l’uranium, afin de fabriquer des armes nucléaires.

« De l’énergie pour 10 000 ans »

Les critiques sont nombreuses [PDF], et les anti-thorium contestent pratiquement tous les avantages supposés qu’il présenterait. Principal obstacle : alors que la France souhaite réduire la part du nucléaire dans sa production d’énergie de 75 à 50% d’ici à 2025, investir dans le thorium reviendrait à relancer la filière.
Un petit groupe de chercheurs du CNRS basés à Grenoble travaille depuis 1998 sur un réacteur, retenu comme piste de réflexion lors du Forum International Génération IV en 2008 : le réacteur rapide à sels fondus (MSFR), qui utiliserait le thorium comme combustible liquide.
Avec ce type de réacteurs surgénérateurs, 100% de la ressource utilisée comme combustible sont consommés, à la différence des réacteurs actuels : seul 1% de l’uranium extrait entre en effet dans la création d’énergie. Pour Daniel Heuer, membre de ce groupe de recherches, c’est la technologie, plus que le minerai, qui est intéressante :
« On gagne à la fois sur les ressources, qui deviennent potentiellement infinies, et sur les déchets. Et ce réacteur est intrinsèquement sûr, extrêmement stable et facilement pilotable. »
Leurs recherches sont purement académiques, et il n’existe pas encore de prototype concret du MSFR en France. Selon Daniel Heuer, les réticences des industriels du secteur, qui disposent de cinquante ans d’expérience avec la filière à l’uranium, vont constituer un frein majeur à l’adoption du thorium comme nucléaire du futur. Tout comme le coût de démantèlement du parc nucléaire et de l’installation de nouvelles infrastructures :
« On travaille à une solution durable, qui permettrait de produire de l’énergie pour 10 000 ans. On a bien 100 ans pour le faire, prenons le temps de le faire correctement. On n’est pas acculés.
Et nos descendants ne pensent peut-être pas comme nous : cette solution doit donc être durable, mais aussi réversible. »
Récemment, la Chine a massivement investi dans la filière thorium. L’Inde, qui possède le quart des réserves mondiales, l’utilise déjà depuis quelques années, dans des réacteurs de troisième génération dits Candu.
2

Du pétrole à base d’air

Les alchimistes rêvaient de transformer le plomb en or. Des ingénieurs britanniques y sont presque : ils sont parvenus à transformer l’air en pétrole, comme le révélait The Independent en octobre. Un pétrole de synthèse à base d’air et d’électricité obtenu grâce à un procédé chimique complexe, résumé par Slate.fr.
Peter Harris, PDG de la petite entreprise britannique à l’origine de cette découverte, explique :
« Nous avons pris le dioxyde de carbone présent dans l’air et l’hydrogène présent dans l’eau, et nous les avons transformés en carburant. »
Ce carburant de synthèse, « beaucoup plus propre que celui obtenu à partir de pétrole fossile », serait compatible avec les moteurs existants.

Coûteux mais prometteur

Selon David MacKay :
« Cela pourrait être une technologie importante. Ça permettrait de faire des choses que l’on ne peut pas faire avec les énergies renouvelables actuellement : nos avions et navires de fret, par exemple, fonctionnent aux carburants liquides.
Capturer le CO2 présent dans l’air et le restituer en carburant nécessite un important apport d’énergie à la base. Mais c’est probablement une chose intelligente à faire avec notre énergie : c’est clairement une idée que je souhaite voir étudiée. »
Le procédé en est encore à ses débuts, et la technologie est pour le moment trop coûteuse pour un développement commercial. Mais Peter Harris espère le développement d’une raffinerie « d’ici 15 ans ».
3

L’énergie osmotique

L’énergie osmotique repose sur un phénomène physique : l’osmose. Lorsqu’une quantité d’eau salée et une quantité d’eau douce entrent en contact, séparées par une membrane semi-perméable, les molécules de sel attirent l’eau douce à travers la membrane. Ce passage génère une surpression sur la masse d’eau salée, qui peut alors être canalisée vers une turbine.
Schéma de fonctionnement d’une centrale osmotique (Statkraft)
Les estuaires des fleuves, où l’eau de rivière se déverse dans la mer, constitueraient donc un formidable gisement d’énergie. Le potentiel énergétique d’un estuaire équivaudrait à celui d’une chute d’eau de 120 mètres de hauteur. Et tout pays côtier pourrait en principe exploiter cette énergie totalement propre.
L’idée est en réalité née dans les années 70, mais la technologie de l’époque n’était pas assez performante. Le premier prototype de centrale osmotique a été construit en 2009 à Tofte, en Norvège.
Mais les rendements restent assez faibles : trois watts par mètre carré de membrane. Les ingénieurs de l’entreprise Statkraft, à l’origine du projet, travaillent actuellement sur une usine d’un à deux MW, ce qui nécessiterait une membrane de 200 000 m2.

Trop faible pour changer la donne

Une deuxième centrale a été crée au Japon, et une troisième est en cours de construction aux Etats-Unis. Stein Erik Skilhagen, responsable de l’énergie osmotique à Statkraft, donne une estimation encourageante :
« Le potentiel technique mondial de l’énergie osmotique est estimé à 1 600 TWh par an, soit l’équivalent d’environ la moitié de la production électrique européenne en 2009. »
David MacKay avait prévu un chapitre sur l’énergie osmotique dans son livre, mais ne l’a finalement pas inclus :
« Il y a un potentiel très important de plusieurs GW par rivière, soit l’équivalent de plusieurs centrales nucléaires. Mais seulement si vous parvenez à accomplir ce que disent les lois de la physique. Or, vous ne pouvez pas vraiment faire passer le flot entier d’une rivière à travers une membrane.
En étant réaliste, et même avec une technologie vraiment au point, vous n’obtenez que 10% de l’énergie potentielle. Même en étant optimiste, je ne crois pas que cela pourra changer la donne. »
4

Un biocarburant aux bactéries

Les biocarburants se sont jusqu’ici heurtés au problème de leur impact environnemental. Produits à partir de canne à sucre, de betterave ou de maïs, ils nécessitent l’utilisation de terres arables et d’eau potable. Une start-up américaine pense avoir réussi à contourner le problème, de façon spectaculaire.
Le e-éthanol mis au point par Joule Unlimited (en partenariat avec Audi) est en effet issu de bactéries génétiquement modifiées. Le processus, détaillé par le Figaro, est assez simple : les bactéries sont entreposées dans des tubes de trois centimètres de diamètre qui servent de réacteur, remplis d’eau non potable et de CO2 issu d’activités industrielles ; exposées au soleil, elles exploitent la photosynthèse pour produire de l’éthanol ou du gazole.
On obtiendrait ainsi un carburant « vert », inépuisable et abordable.

« Ça ne sera pas l’arme fatale »

Selon Le Figaro :
« Le carburant e-éthanol […] aurait les mêmes propriétés chimiques que le bioéthanol déjà sur le marché. Mélangé avec 15% d’essence fossile, il pourrait alimenter les véhicules conçus pour fonctionner au superéthanol E85. Quant à l’e-diesel, […] il procurerait de meilleures performances » que le gazole d’origine fossile.
Mais David MacKay reste sceptique :
« Cela nécessiterait des installations de très grande taille [notamment pour être directement connecté à la source de CO2, ndlr]. Et l’efficacité de bactéries qui transforment le soleil en énergie, n’est pas aussi grande que celle des panneaux solaires.
Si cela peut être réalisé à bas coût et que cela produit un combustible liquide, ce serait un atout intéressant. Dans tous les cas, ça ne sera pas l’arme fatale. »
Peut-être pas, mais les rendements sont impressionants, rappelle Le Figaro :
« Audi annonce 75 000 l/ha/an pour le e-éthanol, à comparer aux 7 000 l/ha/an de bioéthanol produit à partir de la betterave. Pour le e-diesel, le chiffre serait de 50 000 l/ha/an, contre 1 000 l/ha/an pour le biodiesel. »
La mise sur le marché est prévue en 2014 pour l’e-éthanol, en 2016­ pour l’e-diesel, et le coût de production est estimé à 0,25 euro le litre dans les deux cas. Incroyable ? Une unité de fabrication est en construction dans l’Etat du Nouveau-Mexique.
5

Les éoliennes du futur

Sheerwind, une petite entreprise américaine, pense avoir trouvé la solution aux principaux problèmes que rencontre l’éolien : stockage, raccordement au réseau, production discontinue en raison de la variation du vent...
Fonctionnement d’Invelox (Capture d’&eacute ; cran de Sheerwind)
Avec ces éoliennes en forme d’entonnoir, l’air est aspiré dans un conduit où sa vitesse est décuplée, avant de passer dans une turbine ou un générateur. Le nom du projet : Invelox, pour « increasing the velocity of the wind » (« augmenter la vitesse du vent »). Le rendement en termes d’énergie produite serait ainsi trois fois plus important qu’avec une éolienne classique, à vitesse de vent égale.
Ces éoliennes présenteraient d’autres avantages :
  • le coût net par MWh produit serait 38% inférieur ;
  • un vent de 3km/h suffit pour commencer à produire de l’électricité (contre 10 à 15 km/h avec une éolienne classique) ;
  • la turbine étant basée au sol, elles sont beaucoup plus petites, ainsi que les pales (« la moitié de la taille, trois fois plus d’énergie », clame Sheerwind) ;
  • elles permettraient d’éviter les nuisances liées aux vibrations des éoliennes pour les personnes vivant à proximité : maux de têtes, fatigue, vomissements.
Plusieurs travaux d’experts, qui ont modélisé la technologie Invelox, sont arrivés à des conclusions opposées. Selon la Technology Review du Massachusetts Institute of Technology :
« Le PDG Daryoush Allei explique que les tests initiaux sans la turbine ont montré un quasi-doublement de la vitesse du vent passant dans le mécanisme, comme prédit par les modélisations antérieures. Selon Allei, ils vont désormais installer la turbine et commencer à surveiller le rendement d’énergie produite. »
David MacKay, lui, n’en avait pas entendu parler : on lui a posé une colle. Mauvais signe ?

   (http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/12/19/energies-du-futur-nos-cinq-idees-folles-237880) 

mercredi 19 décembre 2012

Les salariés plébiscitent les bénéfices des outils numériques



ACTUALITÉS

Les salariés plébiscitent les bénéfices des outils numériques

Par Marie-Sophie Ramspacher | 14/12 | 07:00

Le numérique améliore l'efficacité au travail, selon les salariés sondés par TNS Sofres.
56 % des collaborateurs jugent même son effet positif sur le bien-être au bureau.

Les salariés plébiscitent les bénéfices des outils numériques
Chaque matin, le premier réflexe est d'ouvrir sa boîte mail, puis la messagerie instantanée avant même de saluer ses pairs. Le numérique a chamboulé la journée de travail des salariés joignables non stop, astreints à répondre aux problématiques posés via la connexion permanente, submergés d'informations en temps réél. Reliés à leur entreprise par un fil invisible, les collaborateurs y gagnent-ils en temps et en efficacité ? Comment vivent-ils ce changement ? C'est ce qu'a voulu savoir TNS Sofres en réalisant pour la SSII Sopra Group une enquête auprès de salariés d'entreprises et d'administrations de 50 personnes et plus.

La réponse va faire plaisir aux DRH : ils le vivent bien ! 69 % des personnes interrogées estiment que le développement des outils numériques (ordinateurs portables, smartphones, tablettes, etc.) a un impact positif sur le fonctionnement de leur entreprise. C'est principalement sur la diffusion et la circulation de l'information (69 % d'impact positif) et sur l'organisation du travail (64 %) que les bénéfices sont soulignés. Ces chiffres ont surpris jusqu'au directeur général de TNS Sofres, Edouard Lecerf.« Ces résultats si positifs sont à pondérer avec les zones de progrès pointées par l'étude », précise-t-il : « 31 % des sondés estiment qu'il faudrait changer la façon de travailler afin de tirer un meilleur parti des outils.» Le directeur de TNS Sofres souligne le retard des entreprises distingué par l'étude : « Longtemps, l'équipement du bureau était plus avancé que celui de l'entreprise. Aujourd'hui, le phénomène s'est inversé, l'entreprise tarde à intégrer les nouvelles technologies et, à 75 %, les collaborateurs soulignent que des voies d'amélioration sont possibles. »

Moins de face-à-face

Unanimes, les sondés reconnaissent que le développement du numérique permet de communiquer plus facilement avec l'entourage professionnel. C'est le cas avec les clients (pour 72 %) et les collègues (pour 65 %), et dans une moindre mesure avec le supérieur hiérarchique (54 %). Le danger : limiter la communication au mail et diminuer les occasions de face-à-face.
Sur leur propre développement personnel au bureau, 69 % des salariés déclarent que l'utilisation de ces outils a de bonnes répercussions sur l'efficacité au travail et qu'ils ne sauraient plus s'en passer ! 56 % jugent même que le numérique a un effet positif sur leur bien-être au travail. Cette dernière donnée est étonnante lorsqu'on sait combien les sonneries intempestives du téléphone et l'irruption continue des mails cisaillent les séquences de travail... Pierre de Lapeyrière, associé de BC Consulting, expert en système d'information, avance une explication : « Depuis peu, les salariés n'appréhendent plus le numérique comme un biais de flicage, mais comme une voie d'émancipation et de savoir. Ils savent désormais l'exploiter pour accéder à une information plus large et partager des documents, des ressources. »

Révélation de l'étude

Sur la question sensible de l'équilibre entre vies privée et professionnelle, l'étude avance là aussi un chiffre à rebours des craintes des DRH : ils sont 37 % à estimer positif l'impact du numérique sur cet équilibre ! Christian Lévi, directeur général du pôle consulting de Sopra Group, n'est pas surpris : « Les deux sphères professionnelle et privée sont désormais imbriquées, à tel point que les outils de l'entreprise servent à des fins personnelles. Les jeunes générations ont montré la voie en utilisant leurs réseaux privés au bureau et leur carnet d'adresses pro à des vocations privées ». Les réponses sont toutefois plus nuancées chez les cadres les plus équipés et les plus connectés : 35 % évaluent négativement l'impact du numérique en la matière. Une large majorité de ceux qui utilisent des outils et applications numériques de l'entreprise hors de leur travail trouvent envahissante (80 %) et stressante (68 %) cette possibilité de rester connecté.
Principale révélation de l'étude TNS Sofres, le numérique est potentiellement créateur d'inégalités. L'équipement est en effet variable selon les fonctions : sur les sites industriels, nombreux sont ceux qui ne disposent ni d'un ordinateur portable ni d'un smartphone professionnels, ce qui explique en partie le faible recours au télétravail. Diversement équipés, les salariés n'ont pas non plus le même degré de maîtrise du numérique : seuls 30 % se disent « très à l'aise ». Tous en tout cas soulignent le manque de formation : 12 % seulement déclarent bénéficier de formations sur l'usage du numérique au travail et 79 % pointent même le défaut d'accompagnement de l'entreprise. Une pierre dans le jardin des managers : sous-utilisées les technologies pourraient bien sous-performer.
Marie-Sophie Ramspacher
 (http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202448242532-les-salaries-plebiscitent-les-benefices-des-outils-numeriques-520578.php)

Le nombre de données croît plus vite que leur protection et leur analyse



Le nombre de données croît plus vite que leur protection et leur analyse

Par L'Atelier - Paris 17 décembre 2012  Laisser un commentaire
Big Data
Alors que le nombre de données en circulation s'accélère, et qu'on parle du Big Data comme d'un impératif, l'immense majorité des contenus n'est encore ni protégée ni analysée. Un constat néanmoins normal quand on voit la rapidité du phénomène.
En 2012, plus de 2.8 zettaoctets de données personnelles ont été produites ou dupliquées par des entreprises ou des individus. Sans surprise, c'est la prolifération d’appareils mobiles, tels que les ordinateurs, tablettes ou encore les smartphones qui a contribué au doublement des données produites mondialement. Mais selon l'étude The Digital Universe, réalisée par IDC, commanditée par EMC, moins de 20% seulement de ces données auraient fait l’objet de protections ; un chiffre relativement bas selon les analystes, qui estimeraient à 35% de la masse de données requérant une sécurité. L'autre problème, c'est que seulement 0,5% auraient également été analysées. Résultat : de grandes quantités de données utiles sont perdues, à un moment où l'on commence pourtant à parler de plus en plus de Big Data. Or, rappelle le rapport, cette tendance consiste à créer de la valeur de la multitude de données produites.
Une croissance exponentielle
Pour le moment, donc, la majorité des data est constituée, souligne l'étude, de fichiers sans marquage et de données non structurées, dont il est difficile de retirer un sens. Dommage, car si l'on en croit les chiffres, en 2012, 23% de l'univers numérique aurait pu être utile si elles avaient été marquées et analysées. En 2020, ce serait 33% de l'univers numérique (plus de 13 000 exaoctets) qui pourraient avoir une valeur si ces données étaient répertoriées. Selon l'étude, cette absence d'analyse et de protection pourrait aussi avoir des incidences au niveau de la sécurité. Ce qui appelle à des mesures rapides, surtout quand on sait que cette expansion des données va aller grandissant. Le volume de données nécessitant d'être protégées croîtrait ainsi plus vite que l'univers numérique lui même. Celui-ci devrait ainsi doubler tous les deux ans entre aujourd'hui et 2020.
Une (future) répartition inégale de la génération de données ?
Pour les chiffres, il faut compter plus de 5 000 Go de données pour chaque individu à cette date. Les analystes se sont également intéressés à la production de ces données par régions géographiques. Un classement pour l’instant dominé par les Etats-Unis, qui représentent plus de 32% données produites dans le monde, devant l’Europe (19%), et la Chine (13%), mais qui pourrait être bouleversé assez rapidement.  L’étude prévoit en effet que les pays émergents pourraient devancer ces zones géographiques d’ici à 2020. Une année qui verra la seule Chine produire plus de 22% des données mondiales.
   (http://www.atelier.net/trends/articles/nombre-de-donnees-croit-plus-vite-protection-analyse?utm_source=emv&utm_medium=mail&utm_campaign=lettre_toute_zone)