jeudi 24 janvier 2013

Sylvain Tesson, la meilleure façon de marcher



Sylvain Tesson, la meilleure façon de marcher

| 6 Commentaires
C'est un homme qui a décidé de prendre ses rêves au sérieux. Et donc de vivre à contre-courant. L’époque célèbre l’instantanéité, les réseaux sociaux et le principe de précaution? Sylvain Tesson n’aime rien tant que les forêts, la méditation, les longues marches et la fréquentation des livres. A quarante ans, cet écrivain voyageur a déjà fait le tour du monde à bicyclette, traversé les steppes d’Asie centrale à cheval, l’Himalaya à pied, mis ses pas dans ceux des évadés du Goulag et de Napoléon, vécu en ermite sur les bords du lac Baïkal, escaladé des cathédrales…             De l’aventure, Tesson dit joliment que « c’est une voie difficile vers l’essentiel ». Son dernier livre, Géographie de l’instant, paru aux éditions des Equateurs, est le récit de cette quête. Ce volume est constitué pour l’essentiel de bloc-notes que l’écrivain a tenu, entre 2006 et 2012, dans la revue Grands Reportages. Des mille-et-un détails glanés sur les chemins, d’Oulan-Bator à Fontainebleau, en passant par New York et Kaboul, Tesson a tiré une poésie qui lui inspire une phrase comme celle-ci : « La pluie, sans jamais avoir répété, joue parfaitement du clavecin à la surface des étangs ». Mais pas seulement. Ce cœur aventureux a forgé au fil de ses voyages une pensée pleine de sève, une forme de sagesse, une diététique de l’âme et du corps des plus revigorantes. Sans attaches et n’attendant rien du monde, Tesson évoque les personnages du grand écrivain norvégien Knut Hamsun, auteur de La faim et de Pan, dont il fait sienne cette citation « J’appartiens aux forêts et à la solitude ». Le regard qu’il promène sur notre monde est d’une réjouissante clairvoyance. Sauf quand il se fait l’apôtre de la décroissance et d’une écologie radicale déconnectée des réalités. Mais ne comptez pas sur lui pour dispenser des leçons de morale. Il pense que la terre est le lieu de la vie et non du jugement. A l'exception du Tibet, on ne lui connaît pas d’engagements. « Préférer les idées à la vie, c’est le péché originel », écrivait Léon Chestov. Sa Géographie de l’instant est remplie d’aphorismes que l’on a envie de souligner et d’apprendre par cœur. Celui-ci, par exemple, emprunté à John Burroughs dans L’art de voir les choses : « Le méchant, le cœur sec, voient leurs pairs à leur image. Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu’il emploie avec nous. Qui donne le meilleur reçoit le meilleur ». Tesson égraine des citations comme le Petit Poucet jette sur le sol des petits cailloux pour retrouver son chemin. C’est une manière pour l’écrivain de témoigner sa gratitude à ses maîtres et complices : Jules Renard, Vassili Grossman, Ernst Jünger, Georges Dumézil… Et à notre tour, nous éprouvons le besoin de témoigner notre gratitude à nos amis en leur offrant le beau livre de Sylvain Tesson.

France Culture, le 18 décembre 2012

 (http://blog.lefigaro.fr/le-fol/2012/12/sylvain-tesson-la-meilleure-facon-de-marcher.html) 

lundi 21 janvier 2013

Give, le bouton des achats solidaires

 (http://www.franceinfo.fr/societe/dossier-du-jour/give-le-bouton-des-achats-solidaires-868057-2013-01-21)


Give, le bouton des achats solidaires

LE LUNDI 21 JANVIER 2013 À 17:45

Avec le bouton "Give", la start-up ZeGive propose aux clients des sites web marchands d'arrondir leurs achats au profit d'une association caritative.

© ZeGive
La plateforme ZeGive est présente sur une quinzaine de sites marchands comme Enviedefraises.fr, Happyview.fr, Greenrepublic.fr, Priceminister.com, SFR... et a pour objectif les 300 plus importants sites marchands français.
Le bouton Give propose aux cyberacheteurs d'arrondir le montant de leur achat à l'euro supérieur au profit d'une association caritative ou d'un projet humanitaire. Chaque site choisit la ou les causes qu'il veut défendre et proposer à ses clients.
L'interview de Pierre Janicot, l'un des fondateurs de ZeGive  
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Actuellement, 30 associations se sont ralliées à ce projet qui va leur permettre de lever plus de dons. Parmi elles, la Fondation des Hôpitaux de Paris, La Chaîne de l'Espoir, l'Association des paralysés de France, les Pièces jaunes, Mouvement pour les villages d'enfants. Sur 5,5 milliards d'euros collectés chaque année par les associations et les ONG en France, seuls 3 % proviennent des dons en ligne.
L'interview de Marc Chaban, responsable de la communication de l'association "Mouvement pour les villages d'enfants"  
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A travers son espace personnel sur ZeGive, l'internaute peut suivre en temps réel et les projets ses dons et les associations qu'il soutient.
ZeGive se rémunère avec une commission de 5%, plafonnée à 2,99 euros, sur chaque don. Elle gère pour les associations l'émission et le stockage des reçus fiscaux ainsi que l'installation sur le site des partenaires.
ZeGive a levé 600.000 euros fin 2012 auprès de business angels pour son projet visant à réduire les coûts de collecte des organisations caritatives et à mener le don à l'ère du Web. Actuellement, 30% seulement des donateurs ont moins de 40 ans et seuls 3% des dons sont réalisés sur Internet.
Give, le bouton solidaire. Le reportage de Kevin Blondelle  
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La Terre frappée par des rayons gamma au 8e siècle

  

Astronomie et espace 
> La Terre frappée par des rayons gamma au 8e siècle 

Publié le 21 janvier 2013 à 15h20 | Mis à jour à 15h20  
Agence France-Presse
Paris

Une explosion de rayons gamma, peut-être provoquée par la collision de deux trous noirs, serait à l'origine de mystérieux rayons cosmiques qui ont frappé la Terre à la fin du 8e siècle, estiment des astronomes dans une étude publiée lundi.

En juin dernier, des chercheurs japonais avaient découvert, inscrite dans les anneaux de troncs d'arbres, la trace de rayonnements émis par un évènement cosmique inexpliqué. Et ils avaient précisément daté ce phénomène de l'an 774 ou 775 sans pouvoir lui trouver d'explication satisfaisante.

 Fusa Miyake et ses collègues de l'Université de Nagoya (Japon) avaient analysé le carbone 14 (une variété radioactive de carbone qui se forme lorsque les rayons cosmiques traversent les atomes de l'atmosphère terrestre) contenu dans les anneaux de croissance de deux cèdres du Japon (cryptoméria).

 Dans les cernes des deux arbres correspondant aux années 774 et 775, ils avaient mis en évidence une forte et brusque hausse du taux de carbone 14, d'environ 1,2%, une augmentation environ 20 fois supérieure aux variations attribuées aux changements de l'activité du Soleil.


 Le phénomène ne pouvait avoir été uniquement localisé car il correspond à d'autres relevés déjà réalisés sur des arbres d'Amérique du Nord et d'Europe.

 L'hypothèse d'une éruption solaire avait été écartée car ces évènements ne peuvent pas être assez puissants pour entraîner une telle hausse de carbone 14.

 Des chercheurs avaient alors souligné que des chroniques médiévales faisaient état d'un «crucifix rouge» apparu dans le ciel après le coucher du soleil, suggérant qu'il pouvait s'agir de l'explosion d'une supernova. Mais l’évènement est daté de l'an 776 et aurait laissé d'autres traces physiques.

 Deux scientifiques de l'Institut d'astrophysique de l'Université allemande d'Iéna proposent une autre explication à ce mystérieux bombardement de rayons cosmiques: un très bref «sursaut gamma».

 Phénomènes les plus lumineux de l'univers, les «flashes» ou sursauts de rayons gamma émettent, en quelques secondes pour les plus courts, davantage d'énergie que le Soleil en des milliards d'années d'existence.

 Selon Valeri Hambaryan et Ralph Neuhäuser, un tel flash gamma correspondrait parfaitement à la brusque augmentation de carbone 14 et à l'absence de témoignages historiques.

 Dans une étude publiée par la Royal Astronomical Society britannique, les astronomes suggèrent que deux objets stellaires très compacts - trous noirs, étoiles à neutrons ou naines blanches - seraient entrés en collision et auraient fusionné, provoquant ce déchaînement d'énergie et de rayonnements électromagnétiques.

 Une telle fusion entraîne un sursaut gamma aussi intense que bref, qui dure généralement moins de deux secondes, ce qui expliquerait pourquoi il n'a pas été aperçu à l'époque par des observateurs terrestres. Grâce à leurs instruments modernes, les astronomes peuvent aujourd'hui assister à ces évènements dans des galaxies lointaines plusieurs fois par an.

 Mais si ce phénomène est à l'origine des rayonnements cosmiques enregistrés en 774/775, alors la fusion est survenue à au moins 3000 années-lumière, sans quoi toute forme de vie aurait été rayée de la surface de notre planète, soulignent les auteurs.

 «Si le sursaut gamma avait été plus proche, il aurait causé d'importants dégâts à la biosphère. Mais même à des milliers d'années-lumière, un évènement similaire sèmerait aujourd'hui le chaos dans les systèmes électroniques très sensibles dont dépendent les sociétés avancées», indique Ralph Neuhäuser.

 Selon lui, le sursaut gamma enregistré au 8e siècle provenait d'un système stellaire distant de 3000 à 12 000 années-lumière du Soleil.

 «Reste maintenant à déterminer la rareté de tels pics de carbone 14, c'est-à-dire la fréquence à laquelle des sursauts gamma touchent la Terre. Au cours des 3.000 dernières années, l'âge maximum des arbres encore vivants aujourd'hui, il semble qu'un seul évènement de ce type ait eu lieu», précise M. Neuhäuser. 

   (http://www.lapresse.ca/sciences/astronomie-et-espace/201301/21/01-4613490-la-terre-frappee-par-des-rayons-gamma-au-8e-siecle.php) 

Mars Crater Held Ancient Lake & Possibly Life, NASA Photos Suggest



Mars Crater Held Ancient Lake & Possibly Life, NASA Photos Suggest 

 Posted: 01/21/2013 9:26 am EST 


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By: Charles Q. Choi 
 Published: 01/20/2013 04:23 PM EST on SPACE.com

 New photos of a huge crater on Mars suggest water may lurk in crevices under the planet's surface, hinting that life might have once lived there, and raising the possibility that it may live there still, researchers say.

 Future research looking into the chances of life on Mars could shed light on the origins of life on Earth, scientists added.

 The discovery came from a study of images by NASA's powerful Mars Reconnaissance Orbiter that revealed new evidence of a wet underground environment on the Red Planet. The images focused on the giant McLaughlin Crater, which is about 57 miles (92 kilometers) wide and so deep that underground water appears to have flowed into the crater at some point in the distant past.

 Today, the crater is bone-dry but harbors clay minerals and other evidence that liquid water filled the area in the ancient past.

 "Taken together, the observations in McLaughlin Crater provide the best evidence for carbonate forming within a lake environment instead of being washed into a crater from outside," study lead author Joseph Michalski, of the Planetary Science Institute in Tucson, Ariz., and London's Natural History Museum, said in a statement. [Search for Water on Mars (Photos)]

A wet Mars underground


 Space agencies have deployed many missions to Mars over the decades to explore how habitable its surface may have been or is today. However, the Martian surface has been extremely cold, arid and chemically hostile to life as we know it for most of the history of Mars.


An annotated look at the huge McLaughlin Crater on Mars, showing locations of minerals and clays created by water in the ancient past. The region may have once been a groundwater lake billions of years ago. Image released Jan. 20, 2013.

 Instead of scanning the surface of Mars for life, scientists have suggested the most viable habitat for ancient simple life may have been in Martian water hidden underground.

 On Earth, microbes up to 3 miles (5 km) or more underground make up perhaps half of all of the planet's living matter. Most of these organisms represent some of the most primitive kinds of microbes known, hinting that life may actually have started underground, or at least survived there during a series of devastating cosmic impacts known as the Late Heavy Bombardment that Earth and the rest of the inner solar system endured about 4.1 billion to 3.8 billion years ago.

 Since Mars has less gravity — a surface gravity of a little more than one-third Earth's — its crust is less dense and more porous than that of our planet, which means that more water can leak underground, researchers said. Wherever there is liquid water on Earth, there is virtually always life, and microbes underground on Mars could be sustained by energy sources and chemical reactions similar to those that support deep-dwelling organisms on Earth.

 "The deep crust has always been the most habitable place on Mars, and would be a wise place to search for evidence for organic processes in the future," Michalski told SPACE.com. [Search for Life on Mars: A Timeline (Gallery)]


Subterranean Mars

 While researchers currently have no way to drill deep underground on the Red Planet, they can nevertheless spot hints of what subterranean Mars is like by analyzing deep rocks exhumed by erosion, asteroid impacts or materials generated by underground fluids that have welled up to the surface.

 Such upwelling would first occur in deep basins like McLaughlin Crater — as the lowest points on the surface, they would be where underground water reserves would most likely get exposed.

 Scientists focused on McLaughlin Crater because it is one of the deepest craters on Mars. McLaughlin is about 1.3 miles (2.2 km) deep and is located in Mars' northern hemisphere.

 The mineral composition of the floor of McLaughlin Crater suggests there was a lake made of upwelled groundwater there. Channels seen on the crater's eastern wall about 1,650 feet (500 meters) above its floor also hint at the former presence of a lake surface.

 Michalski was actually originally trying to disprove the idea that groundwater breached the surface in many locations on Mars.

 "Lo and behold, there was strong evidence for that process in this crater," he said. "Science is special because we are allowed to change our minds."

An ancient groundwater lake

 The researchers estimate that a lake existed at McLaughlin Crater for an unknown duration between 3.7 billion and 4 billion years ago. "That makes the deposits as old as or older than the oldest rocks known to exist on Earth," Michalski said.

 Mounds seen on the crater floor may have come from landslides or subsequent meteor impacts. These are important because they may have rapidly buried crater floor sediments.

 "That is really cool because rapid burial is the scenario that is most advantageous for preservation of organic material, if any was present at that time," Michalski said.

 Since life on Earth may have begun underground, learning more about any underground life that might have lived — or may still live — on Mars could shed light on the origins of life on Earth, researchers said.

 "We should give serious consideration to exploring rocks representing subsurface environments in future missions," Michalski said. "That doesn't mean drilling, but instead exploring rocks formed from upwelling groundwater, or rocks naturally exhumed from the subsurface by meteor impact."

 Michalski noted that some people may ask, "'Why do I hear about the detection of water or possibility of life on Mars all the time?' The answer is because Mars is habitable in more ways than we ever realized for many years, and we are finding water in many forms and environments on Mars — many more than we predicted for a long time."


This color image draped onto digital topography shows McLaughlin Crater in a 3D perspective, looking toward the east. Light-toned deposits on the crater floor contain alteration minerals that are overlayed by debris flows from Keren Crater, present on the south rim. McLaughin Crater once contained a lake that was likely fed by groundwater. 

 The ingredients for life the researchers describe, "including energy sources, would have been more available early in Mars' history, but it doesn't take too much imagination to picture a scenario in which the subsurface is habitable today," Michalski said. He cautioned, however, "that is much different from saying that life is there today."

 The scientists detailed their findings online Jan. 20 in the journal Nature Geoscience.

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Photos From NASA's Mars Reconnaissance Orbiter
What Went Wrong on Mars?
7 Biggest Mysteries of Mars
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   (http://www.huffingtonpost.com/2013/01/21/mars-crater-ancient-lake-life-nasa-orbiter_n_2517845.html?utm_hp_ref=science) 

samedi 19 janvier 2013

Retour vers le futur 19/01/2013 à 11h05 Kim Dotcom, le fondateur de Megaupload, lance une plate-forme « légale »


Kim Dotcom, le fondateur de Megaupload, lance une plate-forme « légale »

Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89
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Un an après la fermeture de Megaupload par le FBI, Kim Dotcom met en ligne Mega, ce samedi. Rue89 a examiné les promesses du nouveau site de partage de fichiers.

« C’est comme un voyage dans le temps. On va vous amener dans le futur. » Telle est la promesse de Kim Dotcom sur son compte Twitter. Ce samedi, le fondateur de Megaupload lancera sa nouvelle plate-forme Mega, qui s’annonce révolutionnaire et d’une légalité infaillible.
C’est du moins ce qu’annonce l’entrepreneur allemand depuis des mois, malgré les doutes émis par de nombreux blogueurs et spécialistes du Web. Qu’en est-il réellement ?

Espace de stockage ultra-compétitif

Capture d’écran de l’espace de stockage Mega 

Début janvier, Kim Dotcom publie sur Twitter une capture d’écran qui fait l’effet d’un coup de massue pour ses concurrents en matière de stockage de fichiers en ligne : les internautes détenteurs d’un compte Mega gratuit auront accès à un espace de stockage de 50 GB.

Cet espace laisse loin derrière les 2 GB de Dropbox, les 5 GB de Google Drive et les 7 GB de Skydrive, qui constituaient jusqu’à maintenant les offres les plus avantageuses. L’utilisateur pourra en outre télécharger jusqu’à six fichiers en parallèle, contre un seul du temps de Megaupload.

Misant tout sur la protection des fichiers et la confidentialité des données des utilisateurs, Dotcom dévoile sur son site un système d’encodage des données qui délivre une clef d’accès à l’internaute, masquant le contenu de ses dossiers tant à l’hébergeur Mega qu’aux autorités – le tout réalisable directement sur le navigateur (pas besoin d’installer un logiciel donc).

La clef pourra être partagée avec d’autres internautes (sur les forums et sites de téléchargement, à tout hasard) pour échanger les fichiers stockés. Donc, en théorie, pas de traçabilité, pas de risque de se faire prendre par les gendarmes du Web. On ne doute pas que, derrière l’écran de la confidentialité des données, le but soit avant tout de retirer toute responsabilité aux dirigeants du site en cas d’utilisation frauduleuse.

Kim Dotcom a promis aux anciens utilisateurs de Megaupload détenteurs d’un compte premium de leur restituer l’équivalent premium sur Mega dès qu’il obtiendrait « la permission d’un tribunal ou la résolution de l’affaire judiciaire ».

L’anti-iTunes

 

Parallèlement aux services d’hébergement de fichiers, l’Allemand a annoncé une plate-forme musicale conçue comme « l’anti-iTunes », rien de moins. Le projet a été présenté comme un outil au service des artistes, qui toucheront 90% des bénéfices, les 10% restant allant à Mega pour l’entretien des serveurs.

Rien de bien neuf, diront ceux qui utilisent Beatport et autres plate-formes musicales. Sauf que l’accès aux contenus musicaux sera entièrement gratuit pour les internautes, les bénéfices en question étant dégagés par les revenus publicitaires générés par le trafic sur les pages des artistes.

En revanche, on ne sait toujours pas si la musique sera accessible en streaming ou si les internautes pourront également la télécharger.

Clip de promotion Megabox
 
La vidéo de « making of » publiée par Dotcom annonce aussi la possibilité de noter les artistes, et laisse entrevoir un réseau social musical où l’on pourra inviter ses amis, partager ses coups de cœur, voir ce que ses contacts sont en train d’écouter, avoir la possibilité de discuter en temps réel...

Le tout devrait être gratuit, tant pour les artistes que pour les internautes. On peut aisément imaginer que seuls les artistes ayant donné leur accord verront leur musique accessible en ligne, ce qui pourrait bien, au moins dans un premier temps, limiter le choix disponible sur la plate-forme.

L’affaire Megaupload toujours pas résolue

 

Mega semble a priori sur de bons rails. Pourtant, les obstacles ne manquent pas, et en premier lieu les poursuites judiciaires à l’encontre de Megaupload, qui sont toujours en attente d’un jugement de la part des tribunaux américains.

Couverture du numéro de Wired dédié à Kim Dotcom 

Pour obtenir sa libération conditionnelle, après avoir été placé derrière les barreaux quatre semaines en début d’année dernière par la justice néo-zélandaise, Kim Dotcom avait signé une déclaration s’engageant à ne pas récidiver :
« Je peux assurer à la Cour que je n’ai aucune intention et qu’il n’y a aucun risque que je réactive le site Megaupload ou lance un commerce en ligne similaire jusqu’à ce que le processus d’extradition soit résolu. »
Selon son avocat, aucune loi n’interdit à Dotcom de monter une entreprise légale. Il est cependant très probable que le lancement de Mega, prévu à la date précise du premier anniversaire de la fermeture de Megaupload, soit perçu par le procureur américain en charge de l’affaire comme une provocation.

Le procès n’a pas encore démarré, puisque la demande d’extradition vers les Etats-Unis n’a toujours pas été approuvée par la justice néo-zélandaise. La première audience de la demande d’extradition a été récemment reportée à août 2013. C’est une épée de Damoclès qui pèse sur la tête de Dotcom et de son nouveau Mega.

Mega, vraiment inattaquable ? 

 

La loi américaine veut que tout hébergeur reste dans le champ de la légalité aussi longtemps qu’il supprime tout fichier lui étant signalé comme violant le droit du copyright.

Comme l’a expliqué Dotcom au magazine Wired, Mega va bien plus loin, endiguant toute modification ou durcissement futur du cadre légal, en créant un système d’encodage qui empêche tout le monde sauf l’utilisateur de connaître le contenu des fichiers :
« Quel que soit le fichier partagé sur le site, il sera inaccessible sans la clé. Si les serveurs sont perquisitionnés ou piratés, cela ne donnera rien aux investigateurs. »
Pas besoin pour Mega de supprimer des fichiers après signalement puisque de signalement il n’y aura pas, les fichiers étant trop bien protégés. Du moins en théorie.

Ce système est-il vraiment infaillible ? C’est ce que pense DigiCert, comme le relate le site Bloomberg. Selon l’autorité américaine, qui fournit des certificats de sécurité, craquer le code d’encryptage utilisé par Mega prendrait, en utilisant un ordinateur de bureau standard, 500 000 fois l’âge de l’univers (qui est, rappelons-le, de treize milliards d’années).

« Peu probable, mais techniquement réalisable »

 

Certains, comme Guerric Poncet, journaliste au Point, estime que « les ayants droit ont du souci à se faire, d’autant plus que le transfert des fichiers chiffrés ne permettra pas à la Hadopi ou à d’autres autorités similaires de détecter les infractions aux droits d’auteur... sauf à déployer des systèmes d’interception des communications dignes des pires dictatures ».

La présence dans l’équipe d’Emmanuel Gadaix, expert en informatique anciennement au service de la DST, donne une certaine crédibilité à l’ambition de perfection technique et légale de Mega.

Kim Dotcom s’est cependant fait de nombreux ennemis au cours des dernières années, et l’actualité s’est chargée de lui rappeler : les labels de musique ont fait pression sur la radio néo-zélandaise MediaWorks pour annuler la diffusion des spots publicitaires de Mega... et ont réussi.

Anecdotique, certes, mais révélateur du bras de fer qui va débuter entre Mega et l’industrie culturelle, épaulée par un gouvernement et une justice américaine en mal de trophée.

Aller plus loin:

mardi 15 janvier 2013

Décès d'Aaron Swartz, le co-inventeur du RSS

 
Dominique Filippone
JDN   

14/01/13 16:34 
Décès d'Aaron Swartz, le co-inventeur du RSS

 Agé de 26 ans, Aaron Swartz s'est suicidé vendredi à New York. Militant pour l'accès libre à l'Internet et farouche opposant aux lois SOPA et PIPA, il risquait 10 ans de prison pour la mise en ligne de 4 millions d'articles. 

Le monde du web est en deuil. Aaron Swartz, célèbre pour avoir participé dès l'âge de 14 ans à la co-création du standard de publication et de diffusion d'informations RSS, a été retrouvé pendu dans son appartement de Brooklyn, à New York. Né en1986, il était également célèbre pour son implication au service de l'accès libre à l'Internet et des moyens à mettre en place pour y parvenir.

Aaron Swartz s'est ainsi illustré en participant à la création de l'organisation Creative Commons ou encore en fondant le groupe DemandProgress pour se battre contre les lois SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) aux Etats-Unis. Des lois contre lesquelles de grands sites web (Wikipedia, Tumblr, Twitpic...) ont d'ailleurs protesté l'année dernière en se mettant hors ligne. Aaron Swartz s'est également distingué en co-fondant le site de partage de liens (bookmarking) social Reddit, revendu en 2006 à Conde Nast Publications. 

En dépression depuis de nombreuses années

Poussant jusqu'au bout son raisonnement de libre circulation de l'information, Aaron Swartz est cependant entré dans l'illégalité en téléchargeant et mettant en ligne, en 2011, plus de 4 millions d'articles scientifiques et littéraires payants issus du service d'archivage en ligne JSTOR. Mis en examen l'année dernière, et alors que son procès devait débuter dans quelques semaines, il encourait une peine de 10 ans de prison. 

Les raisons qui ont poussées Aaron Swartz à commettre ce suicide ne sont pas clairement établies. Selon le journaliste Cory Doctorow, Aaron Swartz souffrait de dépression depuis plusieurs années. Pour Dave Winer, autre personnalité du web reconnue pour avoir co-développé le standard RSS, le poids des responsabilités sur les épaules d'Aaron Swartz qui s'est accumulé ces dernières années a sans doute pu jouer un rôle dans ce tragique dénouement.

Aaron Swartz et Dave Winer, pères fondateurs du RSS

Apparu en 1997, RSS a en partie été développé par l'éditeur Netscape jusqu'à sa version 0.91. RSS signifie alors Rich Site Summary. Ensuite, le standard évolue selon deux directions : Userland Software et Dave Winer ont développé RSS 0.92, 0.93, 0.94, puis 2.0, alors que le groupe de travail RSS-DEV auquel a participé Aaron Swartz a élaboré RSS 1.0 en s'appuyant sur la norme de description RDF (Resource Description Framework), proposant de normaliser la syntaxe d'un document et des metadonnées servant à le décrire.

Si RSS 1.0 est l'acronyme de RDF Site Summary, RSS 2.0 est celui de Really Simple Syndication. Ce dernier format - très largement répandu - fait par ailleurs usage des balises <category> et <enclosure>, à même de supporter une plus grande variété de contenus numériques, tels que les podcasts ou vidéocasts. 

   (http://www.journaldunet.com/solutions/saas-logiciel/deces-du-co-inventeur-du-rss-aaron-swartz-0113.shtml?utm_source=benchmail&utm_medium=mail&utm_campaign=ML5_E10237966&f_u=2278724) 

lundi 14 janvier 2013

Internet: Quelles conséquences après le suicide d'Aaron Swartz?



Internet: Quelles conséquences après le suicide d'Aaron Swartz?

Créé le 14/01/2013 à 17h07 -- Mis à jour le 14/01/2013 à 17h17



WEB - Des centaines de scientifiques diffusent leurs articles gratuitement depuis le suicide du jeune homme de 26 ans, figure du militantisme en faveur du libre partage des connaissances et de l'information sur Internet...

Pour la famille de l’«hacktiviste» Aaron Swartz, cela ne fait aucun doute. Si les raisons de son geste restent pour l’heure un mystère, ses proches ont immédiatement établi un lien entre son suicide vendredi à Brooklyn et ses démêlés judiciaires. Le jeune homme de 26 ans souffrait de dépression. Mais l’élément qui est mis en avant depuis sa disparition est son inculpation en juillet 2011 de fraude électronique et fraude par ordinateur pour avoir dérobé des millions de pages d'archives numérisées du Massachusetts Institute of Technology (MIT) hébergées dans la base de données JSTOR. Son procès devait débuter en avril et il risquait jusqu'à 35 ans de prison, ainsi qu’une amende d'un million de dollars.

Aaron Swartz avait piraté cette base de publications universitaires il y a plusieurs d’années dans le but de les rendre accessibles au plus grand nombre. Le jeune homme était un chantre de la libération de l’accès aux œuvres et au savoir. «Le patrimoine scientifique et culturel de l'humanité tout entière publié au cours des siècles dans des livres et des journaux est de plus en plus numérisé et mis sous clef par une poignée d'entreprises privées: le partage [de fichiers] n'est pas immoral, c'est au contraire un impératif moral», écrivait-il en 2008. Aaron Swartz avait participé à la création du format RSS, soutenu le lancement des licences libres Creative Commons qui ont permis une explosion de la culture libre sur Internet, co-fondé le site Web communautaire Reddit, et s’était battu contre les projets de loi Sopa et Pipa aux Etats-Unis.

Une «campagne PDF» sur Twitter

La mort d'Aaron Swartz a attisé le débat sur le libre partage des données. En réaction à son suicide, un universitaire nommé Micah Allen spécialisé en sciences cognitives a lancé le hashtag #pdftribute sur le réseau social Twitter et a enjoint ses confrères, dans le cadre d'une «campagne PDF», à mettre en ligne leurs publications de manière gratuite. Plusieurs centaines de scientifiques du monde entier ont suivi le mouvement depuis dimanche soir en diffusant leurs articles en libre accès. Il est possible de les consulter à l’adresse pdftribute.net. «Ce PDF Tribute participe à une prise de conscience globale qui doit perdurer. La connaissance doit être partagée», réagit Jérémie Zimmermann, co-fondateur de la Quadrature du Net, ému par la disparition d’Aaron Swartz.

«Les éditeurs de publications scientifiques sont une bande d’escrocs dont il faut se débarrasser. Ils engrangent des profils colossaux sans rien reverser aux chercheurs» qui, paradoxalement, doivent «être publiés pour devenir être reconnus», dénonce-t-il. Il espère que le public comprend aujourd’hui «l’importance de ces enjeux».

«Un enjeu fondamental pour le futur de notre société» 

«L’accès au partage de la connaissance est un enjeu fondamental pour le futur de notre société. Il y a un problème grave avec les entreprises qui privatisent la connaissance, estime Jérémie Zimmermann. Que ce soit dans le domaine culturel, des technologies ou scientifique.» Mais il reste positif: «Cette même année 2012, on a vu se faire rejeter les lois Sopa et Pipa poussées par Hollywood aux Etats-Unis. Aaron avait d’ailleurs joué un rôle dans ce combat. On a aussi gagné contre Acta. C’était totalement inespéré. On a fait un bond. Les choses évoluent lentement grâce à la somme d’actions individuelles.»

Jérémie Zimmermann souligne aussi que la base de données JSTOR  du MIT a fini par proposer des articles en accès gratuit il y a quelques semaines. Mille deux cents exactement, à raison de trois téléchargements toutes les deux semaines. «Ce serait la suite logique» que d’autres sites lui emboîtent le pas, affirme-t-il, avant d’ajouter: «J’ose espérer qu’il n’y a pas eu besoin qu’Aaron se suicide» pour que l’édition scientifique «aille dans ce sens».

— Anaëlle Grondin
    (http://www.20minutes.fr/web/1079609-internet-consequences-apres-suicide-aaron-swartz)